Principaux renseignements
- Selon Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale, la Belgique doit réduire ses dépenses de 11 milliards d’euros pour conserver sa crédibilité sur les marchés financiers.
- L’impasse politique bloque les réformes budgétaires urgentes nécessaires pour freiner la hausse de la dette publique.
- La croissance économique stagne tandis que les citoyens voient leur pouvoir d’achat diminuer.
Pierre Wunsch, gouverneur de la Banque nationale, a averti que le gouvernement fédéral devait réaliser environ 11 milliards d’euros d’économies budgétaires pour rester crédible aux yeux des marchés financiers. Cet appel urgent dans De Morgen fait suite à des prévisions économiques actualisées indiquant que le déficit national devrait grimper à 5,7 pour cent du PIB d’ici 2028, dépassant les estimations précédentes. En conséquence, la dette publique devrait atteindre 115 pour cent du PIB au cours de la même période.
Besoin urgent d’un consensus politique
Le gouverneur a souligné qu’il fallait sortir de l’impasse politique actuelle, exhortant les partis à abandonner leurs « lignes rouges » rigides afin de parvenir à un accord viable. Bien que le gouvernement ait déjà mis en œuvre plusieurs mesures de réduction des coûts — telles que l’ajustement des allocations chômage et la réforme des retraites —, ces efforts sont contrebalancés par une augmentation des dépenses dans des secteurs comme la défense.
De plus, les recettes publiques devraient diminuer de 1,2 pour cent du PIB entre 2024 et 2028, indépendamment de toute baisse d’impôts prévue.
Solutions alternatives
Ces tensions financières ont provoqué une fracture au sein de la coalition au pouvoir. Alors que certains partis suggèrent de reporter les réductions d’impôts promises, d’autres s’opposent fermement à toute augmentation de la fiscalité.
Parallèlement, des représentants syndicaux, tels que Bert Engelaar de l’ABVV, affirment que la solution réside dans la suppression des niches fiscales, la fin de certaines exonérations de sécurité sociale et l’élimination des subventions à l’embauche inefficaces.
Pouvoir d’achat
Au-delà du budget, le rapport de la Banque nationale met en évidence des perspectives économiques moroses. La croissance devrait pratiquement stagner d’ici 2026 en raison de l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient, avec une reprise modeste à 1,3 pour cent prévue pour 2028. De plus, les citoyens risquent de subir une baisse de leur pouvoir d’achat cette année, due à l’introduction de l’« indice du centime » et au fait que la hausse des coûts du carburant n’est pas entièrement couverte par l’indexation automatique des salaires.
Malgré ces défis, la Banque nationale estime que la marge de manœuvre pour des augmentations salariales pourrait être limitée en 2027 et 2028. Cependant, l’économiste Jana Jonckheere a noté que cette fenêtre de croissance est plus étroite que prévu initialement et reste soumise à une incertitude importante, laissant les résultats finaux à la discrétion des négociations entre employeurs et employés.
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