Principaux renseignements
- La Banque centrale européenne maintient ses taux d’intérêt inchangés et suit de près l’impact des tensions géopolitiques sur l’inflation.
- La volatilité des prix de l’énergie risque de provoquer de nouveaux pics d’inflation dans la zone euro.
- La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s’abstient de donner des prévisions précises tant que des prévisions économiques actualisées ne sont pas disponibles.
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. La banque centrale adopte ainsi une attitude attentiste tout en évaluant les conséquences du conflit au Moyen-Orient et des fluctuations sur le marché de l’énergie. Ces facteurs pourraient à nouveau influencer l’inflation dans la zone euro.
Le Conseil des gouverneurs a laissé le taux de la facilité de dépôt – principale référence de la politique monétaire – à 2,25 pour cent, tandis que le taux de la facilité de prêt marginal et le taux de refinancement principal sont restés respectivement à 2,65 pour cent et 2,4 pour cent.
Prix de l’énergie restent un risque pour l’inflation
Selon un communiqué officiel, la banque centrale surveille de près la durée et l’ampleur du choc énergétique. Si les prévisions actuelles concernant les prix de l’énergie correspondent aux projections de l’Eurosystème publiées en juin, elles restent nettement supérieures aux niveaux d’avant le conflit.
Les décideurs politiques avertissent que l’impact total sur l’inflation n’est pas encore visible. Les éventuels effets de second tour, dans lesquels la hausse des prix de l’énergie se répercute sur d’autres secteurs, restent également un sujet de préoccupation.
Inflation recule, mais les taux d’intérêt restent stables
La décision de ne pas modifier les taux d’intérêt fait suite aux derniers chiffres de l’inflation dans la zone euro. L’inflation a reculé à 2,8 pour cent en juin, contre 3,2 pour cent en mai. L’inflation sous-jacente, qui exclut les prix de l’énergie et des denrées alimentaires, très volatils, a également baissé à 2,4 pour cent. Il s’agissait de la première baisse de l’année.
Cette stabilité intervient toutefois peu après une hausse des taux d’intérêt il y a six semaines, la première depuis près de trois ans. Cette hausse avait été motivée par la hausse des coûts de l’énergie due à la guerre, qui avait fait grimper l’inflation à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis fin 2023.
Les perspectives prudentes de Christine Lagarde
La présidente Christine Lagarde a évité de s’engager sur une trajectoire future précise, affirmant que les « indications prospectives » étaient actuellement inappropriées. Lors du forum de Sintra, elle a précisé que la hausse de juin constituait une réaction nécessaire à une menace inflationniste réelle plutôt qu’une mesure préventive, soulignant que le retour à l’objectif d’inflation de 2 pour cent d’ici fin 2027 nécessiterait probablement un resserrement supplémentaire.
Certains analystes, dont ceux d’ING, suggèrent que la BCE pourrait attendre les prévisions actualisées de septembre avant d’envisager une nouvelle hausse des taux.
Instabilité géopolitique
La situation géopolitique a compliqué ces perspectives. Bien que le Brent ait chuté à environ 72 dollars à la suite d’un bref accord de paix fin juin, les tensions ont de nouveau éclaté.
La reprise des frappes entre les États-Unis et l’Iran, combinée à des attaques contre des pétroliers et à de nouvelles sanctions, a repoussé les cours du pétrole au-dessus de 90 dollars le baril. Une telle hausse soutenue pourrait faire grimper les coûts pour les ménages et l’inflation globale dans les mois à venir.
La BCE se démarque des autres banques centrales
Par rapport aux autres institutions mondiales, la BCE a été la seule grande banque centrale occidentale à relever ses taux au cours de ce cycle spécifique. Actuellement, la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale maintiennent des taux plus élevés, respectivement à 3,75 pour cent et dans une fourchette de 3,50 pour cent à 3,75 pour cent, tandis que la Banque nationale suisse reste à zéro.
La Fed et la Banque d’Angleterre devraient toutes deux se réunir la semaine prochaine ; les indicateurs de marché et les économistes prévoient majoritairement qu’elles maintiendront leurs taux actuels inchangés, malgré des avis partagés concernant d’éventuelles hausses en fin d’année. (lv)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

