Principaux renseignements
- Colruyt réduit ses effectifs et ses postes de direction pour faire face à la baisse de ses bénéfices.
- Les syndicats accusent l’entreprise de contourner la législation sur le licenciement en recourant à des licenciements via des filiales.
- L’automatisation et les cessions stratégiques poussent le groupe à se recentrer sur ses activités principales.
Confronté à une baisse de rentabilité due à l’intensification de la concurrence sur le marché belge de la grande distribution, Colruyt procède à des réductions d’effectifs. Les données financières récentes indiquent une baisse de 15,8 pour cent du bénéfice d’exploitation au cours du premier semestre de l’exercice précédent, ce qui a incité l’entreprise à rationaliser ses activités. Le groupe donne la priorité à ses activités principales d’approvisionnement et de vente tout en supprimant des postes dans des départements secondaires, tels que l’agriculture et l’innovation. De plus, plusieurs postes de direction sont supprimés à tous les niveaux de l’organisation.
Conflit avec les syndicats
Cette stratégie a déclenché un conflit avec le syndicat ACV, qui affirme que Colruyt procède à une restructuration à grande échelle tout en contournant les exigences légales en matière de licenciements collectifs. Plus précisément, le syndicat allègue que l’entreprise répartit les licenciements entre différentes filiales afin de contourner la « loi Renault », qui impose un processus de consultation strict avec les syndicats lorsque plus de 30 salariés sont licenciés dans un délai de 60 jours. Toutefois, cette accusation est réfutée tant par l’entreprise que par le syndicat Synova.
« Une question de bonne gestion d’entreprise »
La porte-parole de Colruyt, Eva Biltereyst, soutient que ces changements relèvent simplement d’une gestion d’entreprise saine visant à accroître la productivité. Elle a souligné que l’entreprise adopte l’automatisation et l’intelligence artificielle pour simplifier les processus, ce qui conduit naturellement à l’évolution ou à la suppression de certains postes.
Pour contrer le discours sur les licenciements massifs, l’entreprise a souligné qu’elle avait embauché 3 100 nouveaux collaborateurs l’année dernière et qu’elle comptait actuellement 350 postes vacants, bien que des sources internes suggèrent que ces postes sont de plus en plus souvent pourvus par des employés existants.
Soutien de Synavo
Le syndicat libéral Synova a pris la défense du groupe de supermarchés, arguant que les allégations d’une restructuration cachée sont injustes et qu’il est légalement impossible de contourner les procédures de licenciement via plusieurs sociétés.
Le syndicat fait valoir que de telles mesures sont courantes dans le secteur et cite des réductions budgétaires similaires dans les services administratifs chez Lidl.
Cession stratégique plus large
Ces changements de personnel s’inscrivent dans une tendance plus large de Colruyt à se séparer d’actifs non stratégiques ou non rentables afin de rester compétitif. Ces dernières années, le groupe s’est déjà désengagé de la chaîne Dreambaby, a cédé la majorité des magasins de jouets Dreamland et s’est retiré du marché français en vendant ou en fermant ses supermarchés déficitaires.
En raison de la publication prochaine de ses rapports financiers annuels, la société a refusé de communiquer le nombre total actuel d’employés afin d’éviter de divulguer des informations susceptibles d’influencer les cours avant l’annonce officielle.
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