Le nombre de cas de phishing, où des criminels tentent de voler vos données bancaires, augmente fortement dans notre pays. Le Centre belge pour la cybersécurité (CCB), l’organisme public chargé de la cybersécurité dans notre pays, indique avoir reçu 3,6 millions de signalements concernant cette forme de fraude au cours du premier trimestre de cette année.
Principaux renseignements
- Le nombre de signalements de phishing en Belgique a fortement augmenté, avec des millions de signalements au premier trimestre et une hausse significative par rapport à l’année dernière.
- Les criminels utilisent différentes techniques telles que les e-mails, les SMS, le vishing et exploitent souvent l’actualité pour tromper leurs victimes.
- Les banques sont généralement tenues de rembourser les victimes, sauf en cas de négligence grave, mais cela donne régulièrement lieu à des discussions. Rob Beenders (Vooruit), ministre de la Protection des consommateurs, souhaite donc prendre des mesures supplémentaires pour protéger les consommateurs.
Explication : qu’est-ce que le phishing ?
- Le phishing est une forme d’escroquerie en ligne dans laquelle une personne se fait passer pour une entité fiable afin de voler vos données sensibles, notamment vos mots de passe, vos coordonnées bancaires ou les informations relatives à votre carte de crédit.
- Les fraudeurs vous contactent généralement par e-mail, SMS ou via les réseaux sociaux.
- La fédération bancaire Febelfin a récemment mis en garde contre une autre forme de phishing, appelée « vishing », c’est-à-dire le phishing vocal. Dans ce cas, les fraudeurs vous contactent directement.
- Ils ont parfois recours à des appels automatisés. Il s’agit de messages préenregistrés dans lesquels on vous informe d’une transaction suspecte et on vous demande d’appuyer sur une touche pour être transféré vers un « collaborateur », qui est en réalité un escroc.
- « Même si la conversation semble professionnelle, même si le numéro affiché semble belge, même si votre interlocuteur connaît certaines informations vous concernant (par exemple, certains chiffres de votre compte bancaire), cela n’offre aucune garantie d’authenticité », prévient Febelfin.
Augmentation du nombre de cas de phishing
Dans l’actualité : les chiffres du CCB montrent que l’organisme public a reçu 3,6 millions de signalements de phishing au cours du premier trimestre de cette année.
- Cela représente pas moins de 40 710 signalements par jour, soit plus de 50 pour cent de plus que la moyenne quotidienne de 27 103 en 2025.
- « Le nombre réel est sans doute encore plus élevé », remarque Katrien Eggers, porte-parole du CCB, dans une réaction à De Tijd. Tout le monde ne signale pas les tentatives de phishing, et de plus, ce sont généralement les cas « classiques » qui sont signalés via Safeonweb : des e-mails ou SMS frauduleux contenant des liens vers des sites frauduleux. Selon la porte-parole, les formes plus récentes telles que le vishing, le smishing ou le quishing ne sont pas ou très peu prises en compte dans ces chiffres.
- Eggers ajoute toutefois que chaque signalement de phishing ne signifie pas nécessairement que les criminels ont effectivement volé de l’argent.
Les criminels surfent sur l’actualité
Zoom : Selon Eggers, plusieurs explications peuvent expliquer pourquoi le nombre de signalements de phishing est en hausse.
- Les fraudeurs surfent ainsi sur l’actualité. La crise énergétique actuelle en est un bon exemple. Ils envoient par exemple de faux e-mails de Fluvius à leurs victimes. Au printemps 2025, le Service fédéral des pensions a quant à lui mis en garde contre des messages frauduleux liés à la réforme des pensions.
- « Les faux e-mails des services de pension ou du gestionnaire de réseau de distribution Fluvius figurent dans le top 5 des signalements », explique Eggers.
Négligence grave
Autre point : lorsque vous êtes victime d’hameçonnage, les banques sont en principe tenues de vous rembourser l’argent perdu. Cette obligation ne s’applique pas uniquement en cas de « négligence grave » de la part du client.
- Ces dernières années, plusieurs institutions financières ont toutefois été critiquées pour avoir parfois trop rapidement invoqué la négligence du client. Cela conduit souvent à des discussions avec Ombudsfin, le service de médiation pour les litiges financiers.
- Même lorsque le service de médiation donne raison au client, les banques ne sont pas toujours disposées à indemniser le préjudice. Dans seulement un tiers des affaires liées au phishing, les banques suivent l’avis d’Ombudsfin, alors que dans d’autres litiges avec les banques, cet avis est suivi dans 96 pour cent des cas.
- Rob Beenders (Vooruit), ministre de la Protection des consommateurs, souhaite d’ores et déjà prendre des mesures pour mieux protéger les consommateurs. Il a ainsi récemment déclaré que la notion de négligence grave devait être mieux définie dans la législation. La législation européenne oblige d’ailleurs les banques, à partir de 2027, à instaurer un délai de quatre heures lorsqu’une personne augmente la limite de son compte bancaire. Cette mesure donne aux clients plus de temps pour bloquer un virement en cas de phishing.
- La semaine dernière, le ministre a également exhorté les banques à présenter d’ici l’été un plan d’action concret pour lutter contre le phishing et mieux protéger les consommateurs. Il souhaite notamment qu’elles établissent une liste de contrôle claire reprenant les critères sur la base desquels elles déterminent si leurs clients ont fait preuve d’imprudence en cas de phishing ou non.
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