La Commerzbank supprime des emplois et relève ses objectifs de bénéfices pour contrer la tentative de rachat d’UniCredit


Principaux renseignements

  • La Commerzbank prévoit de supprimer 3 000 emplois et de relever ses objectifs de bénéfices afin de résister à la tentative de rachat d’UniCredit.
  • La banque allemande souhaite prouver sa viabilité en tant qu’entité indépendante en revoyant à la hausse ses prévisions de chiffre d’affaires et ses objectifs de bénéfices.
  • L’offre d’UniCredit sur la Commerzbank a relancé le débat sur la capacité de l’Allemagne à protéger son centre financier contre les rachats étrangers.

La Commerzbank a supprimé 3 000 emplois et revu ses objectifs de bénéfices à la hausse afin de rejeter l’offre publique d’achat d’UniCredit. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à préserver l’indépendance de la banque. Cette mesure intervient après des mois de tensions entre les deux établissements. Le PDG Andrea Orcel continue de miser sur l’expansion dans le secteur bancaire européen. Commerzbank souligne quant à elle son rôle important dans le financement de l’économie allemande.

 Offre jugée sous-évaluée

Récemment, UniCredit a lancé une offre publique d’achat officielle. Le prix est jugé trop bas par la Commerzbank. La banque allemande critique aussi le projet. Elle le juge flou et risqué. En outre, elle accuse UniCredit de nuire à sa réputation avec des arguments trompeurs. Ces suppressions d’emplois constituent déjà la troisième vague de licenciements en quelques années. Par ailleurs, la restructuration coûtera environ 450 millions d’euros.

 Enjeu central pour l’indépendance financière

La lutte de la Commerzbank pour son indépendance est devenue un enjeu central des discussions sur la capacité de l’Allemagne à résister aux acquisitions étrangères et à protéger son centre financier. En augmentant ses prévisions de chiffre d’affaires à 15 milliards d’euros d’ici 2028 et son objectif de bénéfice à 4,6 milliards d’euros, la Commerzbank vise à convaincre les investisseurs de sa viabilité en tant qu’entité indépendante.

Ambitions d’Orcel

Les analystes s’attendaient déjà à de bons résultats. L’offre d’Andrea Orcel avait surpris l’Allemagne en 2024. Elle marque la plus grande tentative de fusion bancaire paneuropéenne récente. UniCredit propose aussi des économies de coûts et des réductions d’effectifs. Aujourd’hui, UniCredit est le premier actionnaire de la Commerzbank, avec près de 30 pour cent. Selon elle, une banque plus grande serait plus solide dans un contexte mondial incertain.

Opposition politique

Malgré des discussions en début d’année, les deux banques ne sont pas parvenues à un accord. Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est publiquement opposé à l’approche d’UniCredit, soulignant l’importance d’un traitement respectueux pour des institutions telles que la Commerzbank. L’Allemagne détient toujours une participation de 12 pour cent dans la Commerzbank à la suite d’un plan de sauvetage mis en place pendant la crise financière, et certains appellent Berlin à augmenter sa participation pour contrer les avances d’UniCredit.

Résultats financiers positifs

La Commerzbank a annoncé une hausse de 9,4 pour cent de son bénéfice net, à 913 millions d’euros pour le premier trimestre, dépassant les attentes des analystes. Ces résultats financiers positifs viennent renforcer l’argument de la Commerzbank en faveur de son indépendance. (rd)

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