Les prix du carburant montent en flèche au Benelux ; les compagnies aériennes néerlandaises viennent faire le plein en Belgique


Principaux renseignements

  • Les prix du diesel en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas ont flambé en raison d’une demande accrue et d’une baisse de l’offre en provenance des pays du Golfe, dans un contexte de tensions géopolitiques.
  • Cette disparité des prix s’explique par les coûts de raffinage plus élevés du diesel, une demande qui ne faiblit pas malgré les hausses de prix et une forte dépendance vis-à-vis des importations, ce qui rend ce produit particulièrement vulnérable aux fluctuations du marché international.

La hausse du coût du carburant touche les automobilistes en Belgique, aux Pays-Bas et au Luxembourg.

Flambée des prix du diesel au Luxembourg

Au Luxembourg, les prix du diesel ont bondi de 16,5 centimes par litre, atteignant un niveau record de 2,186 euros. Cette hausse dépasse le record de 2022 et contraste avec la stabilité des prix de l’essence Super 98 et Super 95. Le gouvernement luxembourgeois a procédé à des ajustements progressifs des prix maximaux des carburants afin de limiter les coûts excessifs.

Le diesel coûte plus cher au Luxembourg qu’en France

Cette flambée des prix du diesel marque un renversement de tendance, le Luxembourg proposant jusqu’alors un carburant moins cher qu’en France. Depuis samedi, certaines stations-service françaises vendent le diesel à un prix inférieur à celui pratiqué au Luxembourg, ce qui est rare. Il convient de noter que, bien que la France ne dispose pas de prix maximal national pour le carburant, certaines chaînes comme Total ont temporairement réduit leurs prix, atteignant parfois environ 2,09 euros le litre.

Malgré la hausse des prix du diesel, l’essence reste moins chère au Luxembourg qu’en France : le Super 95 est vendu à 1,758 euros le litre, alors que les stations-service françaises le vendent entre 1,95 et 1,99 euros.

Diesel sous pression en Belgique

La Belgique subit également une forte pression à la hausse sur les prix des carburants. Les prix du diesel augmentent deux fois plus vite que ceux de l’essence, s’élevant actuellement à 2,321 euros le litre contre 1,984 euros pour le Super 98 et 1,901 euros pour le Super 95.

Cette différence de prix n’a cessé de s’accentuer depuis le début du conflit entre l’Iran et Israël, ce qui met en évidence la vulnérabilité du marché du diesel face aux tensions internationales, en raison de sa structure.

Le diesel reste le carburant dominant en Belgique

Les prix du diesel en Belgique ont atteint des niveaux records, avec une hausse d’environ 33 pour cent depuis le début du conflit au Moyen-Orient, tandis que le prix de l’essence Super 95 a augmenté d’environ 17 pour cent.

Le diesel reste le carburant dominant en Belgique : 524 millions de litres contre 306 millions de litres d’essence. Une grande partie de l’économie belge dépend du diesel, dont le raffinage est plus coûteux et dont la consommation ne diminue pas rapidement malgré la hausse des prix. Cela rend le diesel particulièrement vulnérable aux perturbations de l’offre.

Détroit d’Ormuz

La Belgique et l’Europe produisent plus d’essence qu’elles n’en consomment, mais c’est l’inverse pour le diesel : environ 20 pour cent est importé. Cette dépendance vis-à-vis des importations, en particulier en provenance des pays du golfe Persique, rend les prix du diesel très sensibles aux fluctuations des cours internationaux.

Depuis le début de la guerre en Iran, les volumes de pétrole transitant par le détroit d’Ormuz ont été largement bloqués. La fermeture de cette voie d’approvisionnement cruciale crée une double pression : une offre réduite confrontée à une demande stable, ce qui fait grimper les prix du diesel rapidement et de manière significative.

Mesures de protection de la Belgique concernant les prix des carburants

La Belgique met en œuvre un mécanisme de protection des prix des carburants : des prix maximaux sont fixés par le Service public fédéral Économie (SPF Économie) sur la base d’une moyenne mobile. En outre, le SPF Économie calcule chaque jour ouvrable le prix maximal selon une formule qui tient compte des prix du marché et des coûts, ce qui permet de limiter les fortes fluctuations de prix pour le consommateur.

Bien qu’il soit interdit de vendre au-dessus du prix maximal en Belgique, les stations-service sont autorisées à vendre en dessous. Cela conduit de nombreuses stations à vendre à perte, mais on ne sait pas encore combien de temps cette situation sera tenable.

Les prix du diesel s’envolent aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas aussi, les prix du diesel ont fortement augmenté cette semaine. Vendredi, les prix moyens étaient supérieurs de près de 9 centimes à ceux de jeudi, ce qui représente une hausse de 81 centimes par litre par rapport au début de l’année. Les conducteurs de véhicules diesel, notamment ceux du secteur des transports et les particuliers possédant des voitures diesel, en ressentent fortement les effets.

Depuis le début de la guerre en Iran, les prix du diesel ont grimpé beaucoup plus vite que ceux de l’essence. Cela s’explique par le fait que moins de raffineries européennes produisent du diesel, ce qui entraîne une plus grande dépendance vis-à-vis des approvisionnements en provenance des pays du Golfe.

Vendredi, le prix moyen recommandé pour un litre de diesel aux Pays-Bas était de 2,776 euros, contre 2,688 euros jeudi. Avant que la guerre en Iran n’éclate fin février, le diesel coûtait environ 2,09 euros le litre, avec des variations selon les stations-service. En début d’année, le prix était encore plus bas, à 1,94 euros le litre. Les prix de l’essence augmentent également, bien qu’à un rythme plus lent. Le prix moyen s’élève désormais à 2,583 euros le litre, soit un peu plus que jeudi. Depuis le début de la guerre en Iran, le prix de l’essence Super 95 a augmenté d’environ 30 centimes le litre aux Pays-Bas.

Aux Pays-Bas, aucune mesure n’a encore été prise pour atténuer l’impact sur les consommateurs et les entreprises

Contrairement à d’autres pays, les Pays-Bas n’ont pas encore mis en place de mesures pour atténuer l’impact de la hausse des prix du carburant sur les consommateurs. Cette hausse des prix est particulièrement douloureuse pour les entreprises qui dépendent fortement du diesel.

Traditionnellement, les prix à la pompe aux Pays-Bas sont nettement plus élevés que dans d’autres pays européens en raison de droits d’accise et d’une TVA plus élevés sur les carburants. Ce fardeau est encore alourdi par la hausse rapide des prix.

Les compagnies aériennes néerlandaises viennent désormais se ravitailler en carburant en Belgique

La hausse du coût du carburant dépasse le cadre du transport routier et touche également le secteur aérien. Les compagnies aériennes sont confrontées à ces prix élevés et mettent en place des mesures pour maintenir des tarifs abordables pour les passagers. KLM et d’autres compagnies aériennes de l’aéroport de Schiphol ont commencé à s’approvisionner en kérosène en Belgique plutôt qu’aux Pays-Bas, à compter du 1er avril.

Cette décision s’explique par les prix du carburant nettement plus bas en Belgique. Alors que de nombreux automobilistes néerlandais traversent la frontière pour faire le plein d’essence moins chère, KLM fait désormais de même, mais à une échelle bien plus grande : à bord d’un Boeing 777.

Confinement du carburant ?

En Asie, certains pays envisagent déjà des mesures d’urgence appliquées pendant la pandémie de COVID, telles que le télétravail, la réduction des horaires de bureau et la libération de réserves stratégiques de carburant, afin de limiter les conséquences du quasi-blocage du détroit d’Ormuz. La question reste de savoir combien de temps il faudra avant que l’Europe n’épuise ses réserves de carburant.

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