Principaux renseignements
- Les dirigeants du secteur aérien jugent improbable l’objectif « zéro émission nette » d’ici 2050.
- Les pénuries critiques dans la production de carburants durables freinent les progrès.
- Les gouvernements doivent aligner les objectifs climatiques sur les capacités réelles des infrastructures.
Le secteur aérien mondial a l’ambition d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. C’est désormais jugé improbable par les dirigeants du secteur. The Guardian rapporte ça. Willie Walsh, directeur général de l’IATA, a appelé à l’élaboration d’un calendrier plus réaliste. Par ailleurs, il souligne que l’optimisme entourant l’engagement de 2021 s’estompe rapidement.
Obstacles systémiques à la production de carburant
Walsh attribue cet échec imminent à un manque de soutien de la part des gouvernements nationaux, des constructeurs aéronautiques et des fournisseurs de carburant. Il a souligné une pénurie critique de carburants aériens durables (SAF). Or, il notait que la production actuelle représente moins de 1 pour cent des besoins totaux en carburant.
De plus, malgré un objectif de 500 millions de tonnes d’ici 2050, la trajectoire actuelle suggère que même une modeste réduction de 5 pour cent des émissions d’ici 2030 est inatteignable. Par ailleurs, Walsh a fait valoir que le système d’échange de quotas d’émission Corsia, soutenu par l’ONU, est affaibli par l’inertie politique.
Obstacles liés aux infrastructures et à la mise en œuvre
Au-delà des questions de carburant, le secteur est frustré. C’est à cause des retards dans la livraison d’avions plus économes en carburant et par l’incapacité à moderniser les systèmes mondiaux de contrôle du trafic aérien.
Alors que les compagnies aériennes affirment remplir leurs obligations, Walsh a souligné que le secteur ne peut atteindre ces objectifs environnementaux de manière isolée. Il a suggéré qu’un calendrier révisé est nécessaire. Il s’agit de concilier l’urgence de la crise climatique avec le rythme réel de la transition énergétique mondiale.
Réactions négatives en matière d’environnement et expansion des aéroports
Les défenseurs de l’environnement avaient largement anticipé cet aveu. Ils rejetent souvent les arguments de l’industrie en matière de durabilité comme des tentatives superficielles visant à justifier la croissance du transport aérien. Cette évolution pourrait également avoir un impact sur les décisions gouvernementales concernant les extensions d’aéroports, comme celles de Heathrow. Ce sont théoriquement subordonnées au respect de critères climatiques.
Le risque de mandats irréalistes
La situation est encore compliquée par les obligations gouvernementales imposant l’utilisation de carburants durables (SAF). Marie Owens Thomsen, de l’IATA, a critiqué les objectifs de l’UE et du Royaume-Uni pour 2030, les qualifiant de totalement déconnectés de la réalité. Elle a averti que l’imposition d’obligations concernant les carburants synthétiques (e-SAF) avant que l’infrastructure de production n’existe est une stratégie dangereuse qui conduira inévitablement à une flambée des coûts. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

