Le président de la Bundesbank : « La BCE pourrait relever encore ses taux d’intérêt alors que l’Allemagne est confrontée à une stagnation »


Principaux renseignements

  • La Banque centrale européenne (BCE) va encore relever les coûts d’emprunt pour lutter contre l’inflation persistante liée à l’énergie. C’est ce qu’affirme Joachim Nagel, directeur de la Bundesbank.
  • L’Allemagne est confrontée à une stagnation économique prolongée et à une inflation dépassant les objectifs jusqu’en 2028.
  • Les dépenses publiques en matière de défense et d’infrastructures empêchent un effondrement économique total.

Joachim Nagel, le président de la Bundesbank, a indiqué vendredi que la Banque centrale européenne était prête à augmenter encore les coûts d’emprunt. Cette déclaration fait suite à la récente décision des responsables politiques de Francfort de relever le taux de dépôt de référence de 0,25 point de pourcentage, le portant à 2,25 pour cent, ce qui marque la première hausse de ce type depuis 2023. Nagel a qualifié cette mesure d’essentielle, soulignant que la BCE est la première institution du G7 à ajuster ses taux en réaction à la crise énergétique déclenchée par l’instabilité dans le Golfe. Il a insisté sur le fait que toutes les options restent sur la table si de nouvelles interventions s’avéraient nécessaires pour contrer les chocs énergétiques persistants.

Inflation persistante

Les dernières projections de la Bundesbank révèlent des perspectives économiques sombres pour l’Allemagne, qui est retombée dans la stagnation en raison des coûts énergétiques élevés liés à la guerre avec l’Iran. L’inflation dans la plus grande économie du pays devrait osciller autour de 3 pour cent pendant deux années consécutives, les prévisions l’estimant à 2,9 pour cent cette année et à 2,7 pour cent l’année prochaine.

Ces chiffres dépassent largement l’objectif à long terme de 2 pour cent fixé par la BCE, et les prix ne devraient pas redescendre à 1,9 pour cent avant 2028. La banque a averti que ces estimations pourraient s’aggraver si les prix du pétrole dépassaient la moyenne supposée de 96,9 dollars le baril, ce qui freinerait davantage la croissance du PIB et accélérerait la hausse des prix.

Révision à la baisse des prévisions de croissance

En ce qui concerne les performances économiques, la Bundesbank a revu ses prévisions de croissance à la baisse, ramenant ses prévisions pour 2027 de 0,5 point de pourcentage à 0,8 pour cent et celles pour cette année de 0,6 pour cent à 0,5 pour cent.

Alors qu’une légère reprise s’était amorcée avant les actions militaires américano-israéliennes contre l’Iran en février, cette progression a été stoppée par la volatilité des marchés pétroliers. La banque centrale a noté que le secteur privé avait connu des difficultés au cours du deuxième trimestre, suggérant que la contraction économique estivale n’avait été évitée que grâce aux dépenses publiques en matière d’infrastructures et de défense.

Mesures de relance

Ce recours à des mesures de relance financées par l’endettement devrait porter le déficit budgétaire de l’Allemagne à 4,4 pour cent du PIB cette année et à 4,8 pour cent d’ici 2027. Selon la Bundesbank, ces mesures budgétaires, en particulier l’augmentation des dépenses militaires, constitueront un amortisseur essentiel, ajoutant environ 1,3 point de pourcentage à la croissance du PIB d’ici 2028.

Dans le même temps, la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a défendu la récente hausse des taux face aux critiques qui la considéraient comme une erreur, arguant que les pressions inflationnistes se généralisent désormais à l’ensemble de l’économie.

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