Principaux renseignements
- Les expéditions de pétrole via le détroit d’Ormuz ont bondi de 50 pour cent malgré les tensions géopolitiques.
- Des opérations militaires secrètes menées par les États-Unis maintiennent la stabilité du marché mondial en contournant les fermetures imposées par l’Iran.
- Les blocus navals américains stoppent efficacement les exportations de pétrole iranien grâce à une application stricte des mesures.
Des données récentes de Vortexa révèlent une hausse de 50 pour cent des expéditions de pétrole sortant du détroit d’Ormuz ce mois-ci, soulignant l’intense lutte géopolitique entre Washington et Téhéran pour le contrôle de ce corridor stratégique. C’est ce qu’indique Bloomberg. Les exportations quotidiennes de brut non iranien en provenance du golfe Persique sont passées de 1,2 million de barils en mai à environ 1,8 million de barils au cours des dix premiers jours de juin. Ces estimations devraient encore augmenter à mesure que l’imagerie satellite identifie davantage de navires. À l’inverse, l’application du blocus par les États-Unis a effectivement stoppé toutes les exportations de pétrole iranien, signalant une domination accrue des États-Unis dans la région.
Fermeture par l’Iran
En guise de représailles, l’Autorité iranienne du détroit du golfe Persique (PGSA) a annoncé jeudi la fermeture pour une durée indéterminée de la voie navigable. Alors que cette nouvelle avait provoqué une flambée des prix de 13 pour cent au début de la crise, la réaction actuelle du marché a été négligeable, les contrats à terme sur le Brent restant stables.
Cette stabilité peut être attribuée à une opération militaire secrète américaine révélée par le président Trump, qui a facilité le passage d’environ 100 millions de barils de pétrole depuis le mois dernier. Cela représente un flux quotidien d’au moins 2,4 millions de barils depuis mai, les tendances récentes suggérant des volumes encore plus élevés.
Expéditions clandestines
Cette vague de pétrole s’échappant du Golfe, conjuguée à une baisse des importations chinoises et au déploiement de réserves stratégiques, a fait chuter les prix de plus de 25 pour cent par rapport à leurs sommets atteints en temps de guerre. Alors que les infrastructures énergétiques régionales ne sont pas affectées par l’escalade des tensions, les traders surveillent désormais si les expéditions peuvent continuer à contourner la voie navigable malgré l’ordre de fermeture donné par l’Iran.
Xavier Tang, de Vortexa, a noté qu’il est devenu courant pour les pétroliers de désactiver leurs signaux du système d’identification automatique (AIS) pour éviter d’être détectés, transférant souvent leur cargaison vers d’autres navires en dehors du golfe pour faciliter les ventes.
Mesures coercitives de la marine américaine
Dans le même temps, les États-Unis ont intensifié leurs efforts pour étouffer le commerce de Téhéran. Le Commandement central américain a signalé avoir immobilisé deux navires dans le golfe d’Oman cette semaine pour avoir tenté de violer le blocus en vigueur depuis avril ; un troisième navire a subi un incendie dans sa salle des machines jeudi.
L’évolution de la nature du transit
La nature du transit a considérablement évolué depuis le début du conflit. Au départ, la circulation dans le détroit dépendait largement d’accords diplomatiques officiels ou du courage de quelques armateurs indépendants naviguant à travers un double blocus.
Cependant, la PGSA a désormais ordonné à tous les navires titulaires d’un permis de transit d’attendre de nouvelles instructions. Malgré ces prétentions de contrôle, plusieurs nations voisines continuent de contester la juridiction de la PGSA sur le détroit.
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