Le Brésil achète 20 chasseurs Saab Gripen supplémentaires afin de renforcer son armée de l’air


Principaux renseignements

  • Le Brésil va acquérir 20 avions Saab Gripen supplémentaires pour porter sa flotte à 56 appareils.
  • Grâce à l’augmentation de sa production nationale, le pays passe du statut d’acheteur à celui de développeur de technologies aérospatiales.
  • Des avions de combat modernes remplacent les F-5 obsolètes afin de sécuriser de vastes zones maritimes et l’espace aérien.

Le Brésil prévoit d’étendre ses capacités de défense aérienne en acquérant 20 avions de combat Saab Gripen E/F supplémentaires. Comme annoncé le 4 juin par les ministres de la Défense du Brésil et de la Suède, cette extension porterait la flotte prévue de l’armée de l’air brésilienne de 36 à 56 appareils. Le Brésil souhaite ainsi accélérer le retrait progressif des chasseurs américains F-5, désormais obsolètes. Le pays pourra alors mieux protéger ses vastes zones maritimes et son espace aérien grâce à une force de combat moderne et durable.

Renforcement de la production nationale

Cette décision fait suite à deux étapes cruciales : la mise en service en mars 2026 du premier Gripen E assemblé sur le sol brésilien et la présentation, le 2 juin, de la version biplace Gripen F. Ces étapes marquent le passage du Brésil du simple statut d’acheteur à un rôle central dans la production et le développement du programme. En élargissant sa flotte, le Brésil entend renforcer sa capacité de combat, soutenir son industrie aérospatiale nationale et faire du Gripen le pilier principal de son armée de l’air jusqu’au milieu de ce siècle.

Renforcement du partenariat entre le Brésil et la Suède

Au-delà du matériel, le Brésil et la Suède renforcent leur partenariat par le biais d’un centre d’innovation en projet. Ce centre se concentrerait sur l’évolution des logiciels, les technologies de maintenance et les capacités de mission futures. Saab prévoit également d’étendre sa présence dans le domaine de la recherche et du développement au Brésil, conscient que la véritable valeur du programme réside dans l’infrastructure technique et industrielle qu’il crée. Lorsque la flotte atteindra 56 appareils, le Brésil disposera de la deuxième plus grande flotte de Gripen au monde, avec un réseau de chasseurs à réaction construits localement, intégrés via Link BR2 et équipés de missiles Meteor de pointe.

Combler le déficit opérationnel

La volonté d’acquérir davantage d’avions trouve son origine dans un écart entre les effectifs actuels et les besoins opérationnels. L’armée de l’air brésilienne a fait part de son besoin de 50 à 60 chasseurs pour couvrir de manière adéquate 8,5 millions de kilomètres carrés de territoire et 3,6 millions de kilomètres carrés de zone économique exclusive.

Cette vaste zone comprend des sites pétroliers et gaziers stratégiques, l’Amazonie et d’importants centres de population. Avec seulement 36 avions à réaction, le nombre d’appareils disponibles pour le service actif après maintenance et formation serait insuffisant. Porter ce nombre à 56 permettrait d’aligner la force sur la limite inférieure du seuil requis par l’armée.

Remplacement d’une technologie obsolète

Bien que la flotte brésilienne de F-5 ait bénéficié de mises à niveau en 2020, notamment de nouveaux radars et systèmes de guerre électronique, les cellules elles-mêmes souffrent de décennies d’usure structurelle. Le passage au Gripen résout deux problèmes à la fois : le remplacement des avions obsolètes et le rétablissement de la taille totale de la flotte de chasseurs. Le Brésil abandonne ainsi une technologie datant de l’époque de la guerre froide. La nouvelle flotte devrait rester opérationnelle jusqu’aux années 2060.

Efficacité industrielle

D’un point de vue industriel, le moment est idéal. Les chaînes de production, l’outillage et le personnel qualifié sont déjà en place dans les sites brésiliens d’Embraer et de Saab. L’ajout de 20 avions de combat supplémentaires s’appuie sur un système existant.

Cela est particulièrement précieux pour Saab, car la demande mondiale pour le Gripen augmente fortement, avec des commandes en provenance de Suède, de Colombie et de Thaïlande, ainsi qu’un intérêt potentiel de la part de l’Ukraine et du Canada. Disposer d’une chaîne de production opérationnelle au Brésil offre à Saab une flexibilité essentielle en matière de production.

Capacités avancées du Gripen E/F

Sur le plan technologique, le Gripen E/F représente un bond en avant considérable par rapport au F-5. Il est équipé d’un puissant moteur General Electric F414, d’une capacité de carburant interne nettement supérieure pour une meilleure autonomie, et du radar AESA Raven avancé pour un ciblage hors axe de qualité supérieure. L’avion est également équipé de la suite de guerre électronique Arexis et du système infrarouge Skyward-G. Avec dix stations d’armement, il peut transporter une charge utile importante de munitions à guidage de précision et de missiles antinavires.

Une caractéristique unique du programme brésilien est le co-développement du Gripen F. Contrairement aux avions d’entraînement standard, cette version biplace conserve toutes ses capacités de combat. Le deuxième membre d’équipage est chargé de gérer le flux considérable de données, de capteurs et de liaisons de données lors de missions complexes à longue portée ou de guerre électronique, et pourra à terme coordonner des drones sans pilote.

En route vers la pleine capacité opérationnelle

La transition vers la capacité opérationnelle est déjà en cours. Début 2026, les avions Gripen E ont commencé à effectuer des missions de souveraineté de l’espace aérien et d’alerte de réaction rapide. Le Brésil a par ailleurs testé avec succès le missile Meteor. Cette arme dispose d’une grande portée et crée une large zone d’évacuation, ce qui renforce encore le rôle du Gripen en tant que chasseur d’interception moderne.

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