2020 sera l’année la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis, mais ce n’est même pas la statistique la plus dramatique

Bien qu’il faudra encore plusieurs mois avant de pouvoir compter sur des données solides pour 2020, il apparaît que cette année sera déjà la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis. En soi, ce n’est pas si exceptionnel, puisque ce funeste record est battu chaque année depuis 2011. Mais pour ceux qui en doutent encore, d’autres chiffres confirment que le coronavirus a bel et bien fait des ravages.

D’après les projections des Centers for Disease Control and Prevention (USA), plus de 3,2 millions d’Américains auront perdu la vie en 2020. Ce qui fera de l’année écoulée la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis.

En raison du vieillissement et de l’accroissement de la population, le nombre de morts aux États-Unis est chaque année plus élevé. Logique que 2020 n’échappe pas à la règle, direz-vous. C’est un fait. Mais une statistique qui ne trompe pas, c’est la proportion de cette augmentation. Par rapport à 2019, il y aura plus de 400.000 Américains qui auront passé l’arme à gauche cette année. A titre de comparaison, entre 2019 et 2018, il n’y avait eu « que » 16.000 morts supplémentaires.

Comme le rapport AP, de 2019 à 2020, les USA vont enregistrer un bond de la mortalité de l’ordre de 15%. il s’agit du plus haut pourcentage depuis… 1918. A l’époque, la Seconde guerre mondiale et la pandémie de grippe espagnole avait fait exploser les chiffres de la mortalité aux USA, avec une augmentation de 46%.

L’espérance de vie des Américains avait augmenté de plusieurs semaines en 2018 et en 2019. En 2020, d’après Robert Anderson, directeur du département des statistiques de mortalité des CDC, celle-ci devrait chuter de plusieurs… années.

Covid-19 : des victimes directes et indirectes

Au 21 décembre, les États-Unis ont officiellement imputé 319.762 liés directement au coronavirus. Le Covid-19 est devenu la troisième cause de mortalité en 2020, derrière les maladies cardiaques et les cancers. Il fut même, pendant certaines périodes, le facteur numéro un.

Certains argüeront qu’on a attribué des décès au coronavirus alors que les personnes présentaient déjà d’autres maladies graves, grossissant le caractère mortel du virus. Robert Anderson répond que cela peut être vrai, mais que l’inverse est probable également. En effet, au début de l’année, alors qu’on pensait le coronavirus toujours en Chine, les États-Unis ont enregistré un nombre anormalement élevé de morts liés à des pneumonies. Cela pouvait être le Covid-19, mais cela n’a pas été classé comme tel. Quoi qu’il en soit, le taux de surmortalité le prouve : le coronavirus a créé un nombre de décès bien trop important que pour être négligé.

La pandémie a également provoqué des morts indirectes. Ainsi, on relève également un nombre anormalement élevé de décès liés aux maladies cardiaques et circulatoires, au diabète et à la démence. Pour Anderson, cela peut s’expliquer par la surcharge des hôpitaux, précipitée par la pandémie. Même observation pour les morts par overdose, qui ont explosé en 2020. Les services de soutien aux personnes souffrant de dépendance à la drogue ont été perturbés par la crise sanitaire.

Quid des autres pays ?

Malgré ce triste bilan, les États-Unis ne sont pas le pire pays du monde en matière de surmortalité. Les chiffres de la deuxième vague n’étant pas encore au même stade de consolidation dans les différents pays, concentrons-nous sur les statistiques de la première vague.

D’après une étude de l’Imperial College de Londres réalisée auprès de 21 pays industrialisés, entre mi-février et mi-mai, ce sont l’Angleterre et le pays de Galles qui ont enregistré les plus hauts taux de surmortalité (28%). Ils sont suivis de l’Italie (24%) et de l’Espagne (22%). La Belgique pointe au cinquième rang.

Une fois que la deuxième vague sera derrière nous, il sera intéressant de revoir ces données afin d’obtenir une vue d’ensemble de la surmortalité par pays en 2020. Il s’agit en effet d’un des plus précieux indicateurs pour évaluer les véritables retombées de la pandémie dans chaque pays.

Ci-dessous, vous retrouverez un graphique comprenant l’évolution du taux de mortalité dans différents pays, entre janvier et début décembre. A la mi-novembre, la Belgique fut, de loin, le pays où le coronavirus a fait le plus de ravages.

Evolution du taux de surmortalité, un indicateur des décès supplémentaires par rapport aux chiffres attendus sur base de la moyenne des 5 dernières années.

En Belgique, 2020 est déjà considéré comme l’année la plus meurtrière depuis la Seconde Guerre mondiale. D’ici la fin de l’année, notre pays devrait enregistrer une surmortalité d’environ 15.000 personnes. La surmortalité est un indicateur du nombre de décès supplémentaires enregistrés par rapport à la moyenne durant une ‘période normale’, dans ce cas-ci une période sans coronavirus.

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