VaxGate: on a tous quelque chose en nous de Saint-Trond

Montage / Extraits de presse / Het Nieuwsblad / De Standaard / HLN / De Morgen

Sommes-nous tous confinés dans la médiocrité ? Allons-nous longtemps jouer les vierges effarouchées face à un événement anecdotique qui, de notoriété publique, n’a pas eu lieu que dans cette commune limbourgeoise ?

On se trompe de débat. On a évité un gaspillage monstre avec des vaccinations ‘clandestines’ partout en Belgique.

À Bruxelles, ce sont même les pompiers qui ont organisé une sorte de marché à la criée depuis le hub pour que des médecins viennent chercher des doses qui risquaient de finir à la poubelle vu les défis de conservation. Et ces médecins ont alors aussi vacciné des « bus entiers » de personnes qui étaient loin d’être prioritaires à l’époque.

Il ne s’agissait pas de népotisme, de copinage politique, de passe-droit. Non, d’une gestion responsable des ressources dans l’urgence, à un moment où les niveaux de pouvoir les plus hauts du pays s’emmêlaient encore les pieds dans leur course contre le coronavirus.

En Wallonie, des soignants ont aussi organisé des listes de réservistes prétendument ‘illégales’, bien avant que la plateforme Qvax ne soit créée. Les volontaires non prioritaires s’inscrivaient par mail auprès de ces vaccinateurs ‘hors-la-loi’ et se tenaient prêts à répondre immédiatement présents en cas de dose excédentaire.

Au nord comme au sud de la Belgique, certains médecins généralistes ont même fait du porte-à-porte autour des maisons de repos pour ne pas en perdre une goutte!

Alimentées par les bassesses du microcosme politicien et ses attaques opportunistes, nos grandes considérations sur la bonne gouvernance, la probité, le désintéressement personnel semblent bien vaines après des mois et des mois de défaillance généralisée dans chacune des strates de notre société.

On tombe dans le fossé boueux du ‘tous pourris’. Mais qu’avons-nous fait dans notre quotidien pour atteindre ces idéaux de lutte contre le virus dont on reproche l’absence à cette mandataire publique ? Pour paraphraser une parabole de façon potache, il est plus simpl(ist)e de voir l’aiguille dans le bras du voisin que la poutre dans notre oeil…

On se trompe de combat. Surtout à l’heure où un dernier effort de guerre pourrait tout changer. Car les chiffres nous offrent enfin ce fragile espoir de retrouver une vie moins dictée par les craintes du Covid…

Cette affaire de la ‘Marie-Antoinette de Saint-Trond’ qui fédère les critiques, peu importe notre appartenance linguistique, montre en tout cas qu’on décompresse, et semble marquer la réouverture d’un lieu commun, le cirque politico-médiatique.

Avait-il seulement fermé ?