Une prime de 2000 euros par naissance: la Grèce veut booster son taux de natalité

Le nombre d’enfants en Grèce diminue depuis plus d’une décennie. (Isopix)

Pour lutter contre le vieillissement de la population, rien de tel que des nouveaux nés. La Grèce veut donc faire augmenter le nombre de naissances dans le pays. Et pour cela, elle offre une belle prime aux nouveaux parents.

La semaine dernière, la Grèce a voté pour une prime à la naissance de 2000 euros. 180 millions d’euros seront investis chaque année pour inciter les jeunes à faire des enfants. Le but: rajeunir la population afin d’éviter une pénurie de main d’œuvre dans les prochaines décennies.

‘C’est une question de préservation nationale’, a déclaré Domna Michailidou, vice-Ministre du travail. Selon les projections du gouvernement, la population pourrait diminuer d’un tiers en 30 ans. Et 36 % des Grecs auront plus de 65 ans en 2050. Le pays manquera cruellement de main d’œuvre. Le système de sécurité sociale et de pension sera encore plus précaire. Pour Domna Michailidou, ‘c’est également une priorité de croissance économique’. Elle s’explique: ‘les taux de productivité élevés sont associés aux populations jeunes et non aux populations activement vieillissantes’.

Les causes d’une telle démographie

Une baisse du taux de natalité a été constaté dans de nombreux pays d’Europe. Les pays les plus touchés sont l’Italie, l’Espagne, Chypre mais aussi la Grèce. L’économie de ces pays en difficulté depuis plusieurs années risque de devenir de plus en plus précaire. Ce qui va aggraver le fossé entre nord et sud de l’Europe.

La Grèce est aussi victime de la crise économique de la dernière décennie. Entre 2010 et 2015, près de 500.000 personnes ont quitté la Grèce à cause d’un taux de chômage trop élevé. Une partie des personnes en âge de procréer et assez instruites pour trouver un travail bien rémunéré se sont installé dans des pays plus prospères. Quant à ceux qui sont restés, ils hésitent souvent à fonder une famille, les coûts d’un enfant étant beaucoup trop élevés.

Enfin, une mauvaise politique de santé publique a aussi causé une diminution des naissances. Le pays a effet réduit de 40 % son budget dans les soins de santé lors de la crise de 2008. Les régions montagneuses et les petites îles ont été les plus touchées. Le nombre de bébés morts-nés a ‘augmenté parce que de nombreuses femmes ont raté des tests prénataux cruciaux’, explique Dr Stefanos Chandakas, gynécologue pour l’ONG Hope Genesis. Certaines mères ont préféré reporter leur grossesse. Résultat: il n’y a pratiquement plus d’enfants dans ces régions reculées.

Le pari de la multiculturalité

La Grèce peut cependant miser sur la présence de nombreux migrants dans le pays, qui est l’un des principaux points d’entrée depuis l’Afrique et le Moyen-Orient. En offrant la prime de naissance aux Européens comme aux résidents non-européens, la Grèce espère stimuler la population. Cette décision n’a pas plu aux politiciens les plus conservateurs du gouvernement. Mais le pays va devoir accepter un peu plus de multiculturalité s’il veut survivre aux prochaines décennies.

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