La Belgique dans le top des pays pour son ascenseur social… sauf pour les enfants d’immigrés

Alors que le Forum Économique Mondial (WEF) s’ouvre aujourd’hui à Davos, un rapport classe par pays la capacité qu’ont les citoyens à se déplacer entre les différentes strates socio-économiques. Et la Belgique se place étonnamment bien… Si on oublie une ombre bien obscure au tableau.

Pour une fois que notre pays ne termine pas dans le bas d’un classement, c’est plutôt une bonne nouvelle. Une étude du Forum Économique Mondial classe 82 pays en fonction de leur indice de mobilité sociale, appelé aussi ascenseur social, qui permet (ou non) de changer de ‘classe’ dans une société.

Pour mener sa recherche, le WEF a établi 10 piliers jugés nécessaires pour cultiver cette mobilité sociale. Ils comprennent les soins de santé, l’éducation, l’accès aux technologies, les opportunités de travail, les conditions de travail, les salaires équitables, la protection sociale et les institutions inclusives.

Sans réelle surprise, ce sont les pays scandinaves qui dominent le haut du tableau, avec le Danemark premier (85.2/100) suivi de la Norvège, la Finlande et la Suède. Leurs citoyens peuvent y compter sur des cadres favorables à l’éducation et à l’emploi qui leur permettent de s’élever socialement.

La Belgique devant l’Allemagne et la France

Là où on pourra éventuellement s’étonner davantage, c’est de trouver la Belgique 8ème de ce classement, à égalité avec l’Autriche (80.1/100). Elle surpasse ainsi des pays comme l’Allemagne (11ème) et la France (12ème). On notera aussi que des leaders économiques mondiaux font pâle figure, à l’instar du Royaume-Uni (21ème), des États-Unis (27ème), de la Chine (45ème) et l’Inde (76ème).

Le WEF constate pourtant que la majorité des pays est à la traîne dans quatre domaines principaux: les salaires équitables, la protection sociale, les conditions de travail et l’apprentissage tout au long de la vie. Il n’est donc pas question pour les gouvernements de se reposer sur leurs lauriers, la mobilité sociale ayant non seulement de graves implications pour les individus mais aussi pour les sociétés dans lesquelles ils vivent.

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Les enfants des migrants stagnent

Classer les pays en fonction de leur ascenseur social, c’est bien, mais y regarder d’un peu plus près quant à la population concernée, c’est mieux. Car il ne faudra pas laisser cette jolie huitième place masquer une réalité bien différente pour les personnes issues de l’immigration. Une étude de la Banque nationale belge publiée notamment par Le Soir montre que les migrants et leurs enfants ont bien des difficultés à changer de strate sociale en Belgique.

En comparaison avec la population issue de parents belges, les immigrés souffrent ainsi d’un taux d’emploi inférieur de 22 points. Et on monte à une différence de 36 points lorsque l’on regarde spécifiquement aux personnes venant du Proche ou du Moyen-Orient. Un migrant du Moyen-Orient n’aura donc que 44 % de chances de trouver un emploi, contre 80 % pour un Belge (à âge, genre et niveau d’études égaux).

Et les primo-arrivants ne sont pas les seuls lésés dans l’histoire. Les secondes générations, leurs enfants, sont autant freinées dans leur ascension sociale… alors qu’elles bénéficient pourtant bien d’une scolarité belge. Les personnes d’origine maghrébine en particulier sont visées par ce handicap, leurs faibles chances d’obtenir un emploi étant égales à celles de leurs parents. Comme le conclut cette étude, ‘il semble que l’ascenseur social soit cassé pour les descendants de deux immigrants non originaires de l’UE’.

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