Une chaîne publique de télévision française retouche une photo anti-Macron

La chaîne de télévision française France 3 a retouché une photo de l’agence de presse française AFP avant de la montrer aux téléspectateurs. La photo a été prise lors des récentes manifestations des «Gilets jaunes» à Paris.

La photo comportait l’image d’une pancarte qui indiquait initialement «Macron Dégage». Mais lors de l’émission d’informations 19/20, le mot « Dégage » avait été supprimé de la photo par retouche et seul le mot « Macron » était encore visible. La chaîne de télévision publique s’est excusée pour cette gaffe et affirme que l’incident est dû à une « erreur humaine » et qu’il n’y a jamais eu la volonté de cacher la pancarte au public.

« Macron Dégage » a été réduit à « Macron » pour la télévision nationale française 

Mais ces excuses n’ont guère calmé les esprits. Comment une « erreur humaine » peut-elle enlever un mot d’une pancarte sur une photo ? Une explication lamentable pour couvrir quelque chose qui a probablement une explication simple. France 3 – comme les autres médias français – est subventionnée par le gouvernement français (2,5 milliards d’euros en 2017 pour le groupe France Télévisions, auquel appartient France 3) et a tout intérêt à manipuler la perception du peuple à l’égard du mouvement, pour maintenir le statu quo politique.

© AFP/Fair Use

Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a évoqué dans un communiqué de presse (« La pancarte du scandale ») « une faute professionnelle inexcusable » qui ne devrait pas rester sans réponse de la part de la direction de l’information. Dans un communiqué, le SNJ affirme que « Les effets de ce trucage sont déplorables pour nous tous. Alors que la défiance envers les journalistes grandit, nous ne pouvons pas laisser passer cette faute éthique. »

Est-ce que ces gens pensent vraiment qu’ils peuvent s’en tirer comme ça ? 

L’incident rouvre le débat sur l’influence des médias grand public dans la vie publique. La question se pose de savoir pourquoi ce genre de chose se produit à une époque où, contrairement à il y a 10 ans, il n’est plus très facile de tromper le public. Est-ce que ces gens pensent vraiment qu’ils peuvent s’en tirer comme cela ? Et pourquoi les «médias alternatifs» se voient de plus en en plus qualifiés de «fake news» par le même courant dominant ?