Un vaccin au Covid-19 testé sur des singes donne de bons espoirs pour l’homme

(Université d’Oxford)

Élaboré par l’Université d’Oxford, ce vaccin a montré des signes très positifs après avoir été expérimenté sur six macaques rhésus dont l’ADN est proche de l’homme. Mais il faudra encore patienter plusieurs mois pour voir une version fonctionnelle pour l’humain et crier victoire.

Fin mars, des scientifiques du gouvernement américain injectaient le vaccin développé par l’université d’Oxford à six singes rhésus. 28 jours plus tard et après avoir été longuement exposé à de fortes concentrations du coronavirus, ils ne l’ont toujours pas contracté. Alors qu’on sait que d’autres singes non vaccinés ont été rendus très malades, indique le New York Times.

‘Le macaque rhésus est à peu près ce que nous avons de plus proche de l’homme’, explique au journal Vincent Munster, chef de l’unité d’écologie des virus au laboratoire. Ils partagent avec les humains environ 93 % de leur ADN. Une bonne nouvelle, certes, mais qui ne suffira pas à garantir un vaccin fonctionnel pour l’homme.

Course mondiale

Ce vaccin testé sur des macaques fait également partie d’essais sur les humains qui ont démarré la semaine dernière au Royaume-Uni et devraient se terminer en septembre. Le gouvernement britannique met le paquet pour gagner cette course au vaccin désormais mondiale: 20 millions de livres sterling seront mis à disposition des scientifiques d’Oxford, tandis qu’un autre financement de 22,5 millions de livres visera les chercheurs de l’Imperial College London.

C’est que la concurrence est rude. La pression s’accélère pour trouver le Saint Graal qui nous immunisera du Covid-19 et permettra une relance économique des plus rapides. Un processus qui devrait prendre de très longs mois.

Mais certains n’hésitent pas à défier le temps. En Suisse par exemple, des chercheurs suisses développent un vaccin qu’ils qualifient ‘d‘unique’, et qui pourrait être prêt dès octobre. ‘Il y a la possibilité de produire des milliards de doses dans un court délai’, affirmait il y a une semaine le responsable du service immunologie de l’institution universitaire suisse.

Aux Etats-Unis, c’est le cigarettier British American Tobacco (BAT) qui travaille via sa filiale Kentucky BioProcessing (KBP) à la mise au point d’un vaccin contre le Covid-19. Une reconversion surprenante mais ambitieuse pour le fabricant qui espère produire dès le début du mois de juin entre un et trois millions de doses par semaine du vaccin… A partir de plants de tabac.

Le plus grand fabricant de vaccins au monde est lui entré dans la danse lundi: le Serum Institute of India a déclaré qu’il n’attendrait pas la fin de l’essai de l’Université d’Oxford et qu’il fabriquait à titre préventif 40 millions de doses pour gagner du temps au cas où il fonctionnerait.

A Pékin, l’entreprise Sinovac Biotech recherche également un vaccin contre le Covid-19. Elle a constaté la semaine dernière que son vaccin expérimental semble aussi efficace chez les singes rhésus. Et a désormais entamé les essais humains.

Plus proche de chez nous, ce sont les géants pharmaceutiques Sanofi et GSK qui ont annoncé leur intention d’allier leurs forces ‘pour développer un vaccin avec adjuvant contre le Covid-19’. Selon leur déclaration commune, le vaccin potentiel devrait entrer au stade des essais cliniques au deuxième semestre 2020 et, en cas de succès, être disponible au deuxième semestre 2021.

Mi-mars, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait dit espérer un vaccin ‘avant l’automne’. Alors, qui dénichera le Saint Graal le premier?

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