Principaux renseignements
- Un projet de loi américain menace d’interdire les constructeurs automobiles ayant des liens de propriété significatifs avec des adversaires étrangers.
- Les actionnaires chinois détenant plus de 15 pour cent de Mercedes-Benz pourraient déclencher ces mesures restrictives.
- Les experts du secteur appellent à une plus grande précision législative afin de protéger les entreprises bien établies ayant des investissements importants aux États-Unis.
Une nouvelle initiative législative bipartisane aux États-Unis pourrait involontairement compromettre la présence de Mercedes-Benz sur le marché américain. Le projet de loi « Motor Vehicle Modernization Act of 2026 » vise à limiter l’influence des « adversaires étrangers » — citant spécifiquement la Corée du Nord, la Russie et la Chine — en interdisant aux entreprises ayant des liens de propriété avec ces nations d’importer, de vendre ou de fabriquer des voitures aux États-Unis. Bien que la cible principale soit l’essor des marques automobiles chinoises, la formulation large du projet de loi pourrait concerner des entreprises internationales bien établies.
L’impact de la composition de l’actionnariat
Les inquiétudes concernant Mercedes-Benz découlent de la composition de son actionnariat. Bien qu’il s’agisse d’une entité allemande, près de 20 pour cent de son capital est détenu par des intérêts chinois. Cela comprend une participation de 9,98 pour cent détenue par l’entreprise publique BAIC et une part de 9,69 pour cent détenue par Li Shufu, le président de Geely.
Comme ces participations combinées dépassent le seuil de 15 pour cent mentionné dans la proposition, certains analystes estiment que l’entreprise pourrait être soumise à ces restrictions, qui pourraient durer jusqu’à cinq ans.
Conséquences économiques dévastatrices
Une telle interdiction aurait des répercussions économiques dévastatrices. Mercedes-Benz est profondément intégrée à l’économie américaine, employant plus de 10 000 personnes sur ses sites de production en Caroline du Sud et en Alabama. Depuis 1997, son usine de Tuscaloosa a à elle seule produit plus de cinq millions de véhicules. De plus, les États-Unis constituent une source de revenus vitale pour la marque, avec des ventes annuelles dépassant les 300 000 voitures particulières et les 12 000 fourgonnettes.
Appels à la précision législative
Les experts du secteur et les associations professionnelles ont averti que, si limiter l’influence de l’État chinois est un objectif légitime, la loi doit être rédigée avec précision pour éviter de nuire aux entreprises profondément enracinées aux États-Unis. Ils font valoir qu’un constructeur de longue date ayant réalisé d’importants investissements nationaux présente un risque différent de celui d’un nouveau concurrent étranger cherchant à pénétrer le marché.
Actuellement, le projet de loi en est à ses débuts, n’ayant été adopté que par une commission de la Chambre des représentants, sans qu’aucun équivalent n’ait encore été présenté au Sénat. Il existe encore de nombreuses possibilités de modifier le projet de loi ou de créer des exemptions spécifiques. Selon la formulation finale, Mercedes-Benz pourrait ne subir aucun impact, ou être contrainte de restructurer radicalement son actionnariat pour rester aux États-Unis. Cette situation souligne la tension croissante entre l’interdépendance industrielle mondiale et les priorités en matière de sécurité nationale. (fc)
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