Principaux renseignements
- Les entreprises américaines surpassent les entreprises européennes en termes de taux d’adoption de l’IA.
- Le soutien de la direction est le principal facteur expliquant l’écart dans l’utilisation de cette technologie.
- Des obstacles structurels et des coûts élevés freinent la mise en œuvre en Europe.
Une étude récente du Brookings Institute révèle une disparité significative dans l’intégration de l’intelligence artificielle au sein des environnements professionnels aux États-Unis et en Europe. En analysant les données de plus de 5 000 participants à travers les États-Unis et six pays européens – dont le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas et la Suède -, l’étude souligne que les entreprises américaines sont nettement plus proactives dans le déploiement de l’IA. Environ 34 pour cent des entreprises américaines ont intégré l’IA dans leurs activités, alors que la moyenne européenne s’établit à 20 pour cent. Au niveau individuel, 43 pour cent des travailleurs américains utilisent l’IA, contre 32 pour cent de leurs homologues européens.
Variations régionales dans l’adoption
L’écart est particulièrement marqué dans les secteurs axés sur la production, où les entreprises américaines sont en tête avec un taux d’adoption de 7 pour cent contre 4 pour cent en Europe.
En Europe, l’adoption varie considérablement d’un pays à l’autre ; le Royaume-Uni, la Suède et les Pays-Bas affichent les niveaux d’utilisation les plus élevés (environ 35-36 pour cent), tandis que l’Italie enregistre le taux le plus bas, avec seulement 25 pour cent des travailleurs utilisant cette technologie. Parallèlement, la croissance semble stagner en Allemagne et en France.
La direction joue un rôle crucial dans la mise en œuvre de l’IA
L’un des principaux facteurs à l’origine de ce fossé semble être l’approche en matière de direction et de gestion d’entreprise. Aux États-Unis, les employés sont bien plus susceptibles d’être encouragés par leurs supérieurs à utiliser l’IA et de se voir fournir des logiciels internes dédiés ; 42 pour cent des travailleurs américains ont déclaré bénéficier de ces deux éléments, un chiffre qui tombe à 16-17 pour cent en Italie et en France. L’étude suggère que ce soutien managérial — comprenant des incitations et des opportunités de promotion pour les utilisateurs de l’IA — explique presque entièrement l’écart d’adoption. Quelle que soit la région, les travailleurs qui ne bénéficient pas d’accompagnement ou d’outils officiels sont beaucoup moins susceptibles de s’engager dans l’IA.
Une utilisation accrue de l’IA dans les grandes entreprises
Au-delà de la direction, d’autres facteurs influencent l’utilisation. Les grandes entreprises de plus de 250 salariés enregistrent généralement un taux d’adoption de l’IA plus élevé que les petites entreprises. Les données démographiques jouent également un rôle, car cette technologie est plus fréquemment utilisée par les hommes, les diplômés de l’enseignement supérieur et les personnes de moins de 45 ans.
Il est intéressant de noter que, après ajustement en fonction de l’âge, du sexe et du niveau d’éducation, les taux d’adoption en Suède se sont révélés presque identiques à ceux des États-Unis. La spécialisation professionnelle est également une variable clé : plus de 50 pour cent des personnes travaillant dans les domaines des mathématiques ou de l’informatique utilisent l’IA, tandis que l’utilisation tombe en dessous de 33 pour cent dans les secteurs de l’hôtellerie et des services à la personne.
Obstacles structurels en Europe
Des données supplémentaires d’Eurostat confirment l’existence d’obstacles structurels en Europe. Bien qu’elles reconnaissent les avantages potentiels de l’IA, de nombreuses entreprises européennes sont confrontées à un manque de compétences techniques.
De plus, ces organisations citent fréquemment les coûts de mise en œuvre élevés, les complexités juridiques et les inquiétudes liées à la confidentialité des données comme principaux obstacles les empêchant d’adopter les technologies d’IA. (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

