Un nouveau vaccin contre le SIDA testé sur des patients

Des volontaires ont reçu une première dose d’un vaccin qui tente une nouvelle approche pour rendre l’organisme résistant au virus de l’immunodéficience humaine.

Les vaccins, on en entend parler constamment depuis des mois, avec la course pour le produit le plus efficace contre le coronavirus et ses différents variants. Mais il ne faudrait pas oublier que, face à d’autres maladies, cela fait parfois des années que l’on cherche le produit miracle. Et une nouvelle étape vient d’être franchie dans la quête de l’arme absolue face à un des fléaux des XXe et XXIe siècles: le SIDA. Cela fait 30 ans que des chercheurs du monde entier sont sur le coup.

Cette semaine commence la première phase de tests cliniques pour le vaccin HIVconsvX, qui va être administré à la clinique de l’Université d’Oxford. Les premiers patients injectés seront 13 personnes, toutes volontaires, en bonne santé, et séronégatives. Car la première étape étudiée ici est la non-dangerosité du vaccin, comment le corps humain réagit à ses éventuels effets secondaires, et évidemment son efficacité pour protéger les personnes vaccinées de cette infection sexuellement transmissible qui détruit lentement le système immunitaire. Bien sûr, les volontaires ne seront pas exposés au SIDA, ou plutôt au virus du syndrome d’immunodéficience humaine (VIH), dont le SIDA est le stade ultime. C’est leur réaction immunitaire qui sera observée après une piqûre de rappel, 40 jours après la première infection.

Nouvelle approche

HIVconsvX explore une nouvelle piste dans la quête d’un vaccin. Là où ses prédécesseurs tentaient de booster les défenses en incitant les lymphocytes B, un type de globule blanc, à produire des anticorps en masse, lui va plutôt activer la production des lymphocytes T. Ces troupes spécialisées de notre organisme jouent un grand rôle dans notre défense adaptatives interne: elles sont capables de détruire des cellules cancéreuses, ou infectées par un virus. Or le VIH a pour particularité d’être jusqu’à présent très peu détectable par les lymphocyte T, tout en étant capable de les infecter et de s’y multiplier. Avec HIVconsvX, on espère empêcher le virus d’agir comme un cheval de Troie, et l’éliminer dès qu’il infecte une cellule, avant qu’il ne commence à se multiplier.

Rappelons que le VIH n’est plus une mortelle fatalité: en cas d’exposition réelle ou supposée, une prise rapide et massive d’un traitement appelé prophylaxie pré-exposition permet d’empêcher qu’une personne ne devienne séropositive. S’il est déjà trop tard, des antirétroviraux peuvent empêcher le virus de se multiplier, jusqu’à réduire suffisamment la charge virale d’une personne pour quelle ne soit plus contagieuse. Mais la seule protection efficace lors d’un rapport sexuel (hétéro, homo, ou lesbien) reste le préservatif.

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