Tourisme spatial: le chef de l’ONU s’en prend aux milliardaires Jeff Bezos et Richard Branson

« Des milliardaires qui s’amusent à aller dans l’espace alors que des millions de personnes ont faim sur Terre », a lancé Antonio Guterres, le chef de l’ONU.

La course dans laquelle se sont lancée Jeff Bezos, Richard Branson et Elon Musk pour faire de l’espace un lieu touristique ne plait pas à tout le monde et certains ne se privent pas pour le faire savoir. C’est notamment le cas du secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, Antonio Guterres, qui a profité de son discours d’ouverture de la 76e Assemblée générale de l’ONU pour commenter leur quête.

Monsieur Guterres a notamment souligné le fait que la course des milliardaires vers l’espace ne faisait que témoigner de l’énorme fossé qui existait entre les pauvres et les ultra-riches sur Terre. Alors qu’un grand nombre de personnes à travers le monde voyaient leurs droits se réduire et luttaient pour se nourrir, des milliardaires s’amusaient à aller dans l’espace, a-t-il ajouté, comme le rapporte Business Insider.

De vives critiques

Si plusieurs personnalités publiques, notamment des politiques américains, ont félicité les fondateurs de Blue Origin et de Virgin Galactic après leur vol de quelques minutes dans l’espace, d’autres voix moins fascinées par leur exploit se sont également levées.

La sénatrice américaine Elizabeth Warren n’a pas manqué de critiquer Jeff Bezos, le fondateur de Blue Origin et d’Amazon, après son vol dans l’espace. « Il se moque de chaque personne en Amérique qui a réellement payé des impôts », a commenté Elisabeth Warren, en référence aux révélations du média ProPublica selon lesquelles le multimilliardaire Jeff Bezos n’aurait pas payé d’impôts sur le revenu pendant deux ans.

L’impact environnemental des vols touristiques a également été pointé du doigt. À l’heure où le monde se rapproche dangereusement du point de non-retour en matière de réchauffement climatique et où les catastrophes naturelles sont de plus en plus nombreuses, voir des vols touristiques réservés à des personnes fortunées prendre leur envol a du mal à passer auprès de certains. Cela ne fait que renforcer la disparité entre les pauvres, plus directement touchés par le réchauffement climatique (sécheresse, inondation, famine), et les ultra-riches, comme l’a avancé le secrétaire général de l’ONU.

Les problèmes de la Terre, oui, mais l’innovation aussi

Jeff Bezos a concédé que les critiques à l’égard de son projet de tourisme spatial étaient en partie fondées. « Ils ont pour la plupart raison. Nous devons faire les deux. Nous avons beaucoup de problèmes ici sur Terre. Nous devons résoudre ces problèmes, mais nous devons aussi regarder vers l’avenir, car nous l’avons toujours fait en tant qu’espèce et en tant que civilisation », a-t-il indiqué.

Une vision partagée par Elon Musk, troisième milliardaire lancé dans la conquête spatiale. Dans le premier épisode d’un documentaire sur Netflix, le fondateur de SpaceX a confié : »Je pense que nous devrions consacrer la grande majorité de nos ressources à résoudre les problèmes sur Terre. Plus de 99 % de notre économie devrait être consacrée à l’amélioration de la vie sur Terre. Mais j’imagine que l’on pourrait consacrer 1% ou même moins de 1% de notre économie à l’expansion de la vie au-delà de notre planète”.

« Si la vie ne se résume qu’à des problèmes, à quoi bon vivre », a-t-il également lancé dans le documentaire.

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