Le changement climatique menace également d’alimenter de nouveaux esclavages

Des millions de personnes contraintes de quitter leur foyer en raison de graves sécheresses ou de cyclones dévastateurs risquent de devenir des victimes de l’esclavage moderne et de la traite des êtres humains dans les décennies à venir.

C’est ce que révèle un rapport de l’Institut international pour l’environnement et le développement (IIED) et d’Anti-Slavery International.

Vulnérable

« La crise climatique et la fréquence croissante des phénomènes météorologiques extrêmes – notamment les inondations, les sécheresses et les incendies – ont souvent un effet dévastateur sur les moyens de subsistance des personnes qui vivent déjà dans la pauvreté », expliquent les chercheurs. « Cela rend ces populations plus vulnérables à l’esclavage ».

De nombreux jeunes hommes et femmes partent vers les grandes villes pour échapper à leur situation désespérée. Ce faisant, ils risquent toutefois de devenir les victimes de réseaux de traite des êtres humains, d’exploitation sexuelle et de servitude pour dettes – une forme d’exploitation moderne dans laquelle les travailleurs sont piégés dans leur emploi et exploités pour rembourser une énorme dette.

« Nos recherches montrent clairement que le changement climatique a des répercussions sur la vie de millions de personnes », a souligné Fran Witt, conseillère en matière de changement climatique et d’esclavage moderne à Anti-Slavery International.

« Les phénomènes météorologiques extrêmes contribuent à la destruction de l’environnement, forcent les gens à quitter leur foyer et les rendent plus vulnérables à la traite des êtres humains, à l’exploitation et à l’esclavage. »

Message clair

Selon les estimations de la Banque mondiale, les effets de la crise climatique – comme les mauvaises récoltes, le manque d’eau et l’élévation du niveau des mers – obligeront 216 millions de personnes au total dans six régions – dont l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud et l’Amérique latine – à quitter leur foyer d’ici le milieu du siècle.

Les chercheurs affirment qu’ils envoient un message clair aux dirigeants mondiaux : les efforts déployés pour lutter contre le changement climatique doivent également porter sur l’esclavage moderne.

« Dans l’intérêt d’une croissance économique et d’un développement rapides, les violations des droits des travailleurs et des migrants semblent être ignorées », notent-ils.

« Le monde ne peut continuer à fermer les yeux sur le travail forcé, l’esclavage moderne et la traite des êtres humains alimentés par le changement climatique », peut-on lire. « La résolution de ces problèmes doit constituer un élément essentiel des plans mondiaux de lutte contre le changement climatique. »

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