Tiangong est déjà visible en Belgique: tout ce qu’il faut savoir sur la première station spatiale chinoise

Isopix

Petit à petit, la Chine rattrape son retard sur la Russie et les États-Unis au niveau de la conquête spatiale. Le gros objectif de la Chine? Construire et mettre sur orbite sa propre station spatiale, l’équivalent de l’ISS. Voici tout ce qu’il faut savoir sur Tiangong, la toute première station spatiale chinoise de l’histoire.

Le programme spatial chinois fait d’énormes progrès malgré le retard qu’il y avait à rattraper. Pour se rendre compte du retard chinois dans la conquête de l’espace, il faut savoir que la toute première mission chinoise durant laquelle des hommes se sont rendus dans l’espace date de 2003… plus de 40 ans après la mission de Yuri Gargarin, le premier homme à avoir quitté la Terre. Autre exemple: la première mission chinoise en direction de Mars a eu lieu l’année passée, en 2020, tandis que le robot américain Mariner 9 s’était posé sur la planète rouge en 1971.

Mais désormais, la Chine entre dans la cour des grands. Comment? En multipliant les missions vers la Lune et Mars, en développant ses propres fusées, ses propres télescopes, mais aussi et surtout en construisant sa propre station spatiale: Tiangong. D’ailleurs, la Chine a d’ores et déjà envoyé la pièce principale de la station en orbite.

ISS miniature

Faisons le point de tout ce que l’on sait de Tiangong, le futur voisin de la Station Spatiale Internationale dans l’espace. Tout d’abord, il faut savoir que la station chinoise sera 5 fois plus petite que l’ISS et ne pourra accueillir que 3 membres d’équipage à la fois. Dans l’ISS, ils sont actuellement une dizaine d’astronautes.

Sans surprise, Tiangong sera similaire à l’ISS dans sa conception modulaire. On retrouvera donc un module principal de la taille d’un bus sur lequel seront accrochés d’autres modules plus petits qui feront office de laboratoires. Le module principal sera le lieu de vie des futurs résidents de la station où seront installés les systèmes de survie et de contrôle.

Les divers modules censés agrandir la station seront envoyés progressivement dans l’espace pour permettre la réalisation de diverses expériences. Les prochains quitteront la Terre en 2020 pour rejoindre le module principal. À terme, on comptera pas moins de 14 modules et 50 ports externes pour les études de l’environnement spatial. Les trois premiers « taïkonautes » (le nom donné aux astronautes chinois) se rendront dans la station en juin prochain.

Image via Saggitarius A / Wikimedia, CC BY-SA

Un lancement mouvementé

Le module principal appelé Tianhe a été lancé dans l’espace le 29 avril dernier depuis l’île de chinoise de Hainan grâce à une fusée Long March 5B. Cette fusée est composée d’un étage central et quatre propulseurs, dont chacun mesure près de 28 mètres de haut – la hauteur d’un bâtiment de neuf étages – et plus de 3 mètres de large.

On a beaucoup parlé de cette fusée et pas forcément en bien. En effet, lors du lancement de Tianhe, l’étage principal de la fusée est devenu incontrôlable et est retombé une semaine plus tard au beau milieu de l’océan indien. On a alors reproché à la Chine de ne pas avoir installé de système de contrôle pour récupérer les restes de la fusée. Or, la Chine compte bien réutiliser ce type de fusée pour envoyer les autres modules de la station spatiale dans l’espace.

Cela dit, malgré tout cela, Tianhe est correctement installé en orbite autour de la Terre et une heure et 13 minutes après son lancement, ses panneaux solaires se sont déployés et ont commencé à fonctionner. La station vit désormais sa vie en orbite basse (à environ 400 km au-dessus du sol) et attend ses premiers ravitaillements. En tout, 10 vols de ravitaillement sont prévus dans les 18 prochains mois. Sans oublier l’envoi des premiers modules d’expérimentation qui rejoindront Tianhe en 2022. Même si le projet est 100% chinois, divers pays ont déjà signé des contrats pour réaliser diverses expériences à bord de Tiangong.

Admirer Tiangong

Eh oui, il est déjà possible de voir la station spatiale chinoise à l’œil nu depuis le sol terrestre. Pour savoir si la station est visible en Belgique, il suffit de se rendre sur le site n2yo.com pour connaître sa position et son chemin pour les 10 prochains jours.

La station fait un tour complet de la Terre en seulement 91 minutes. Il faudra donc vérifier l’heure de passage au-dessus de la Belgique et déterminer la direction d’où viendra la station. Il faudra alors attendre la nuit puisqu’il est impossible de la repérer le jour. Si toutes les conditions sont réunies, un point lumineux se déplacera rapidement dans le ciel étoilé de Belgique, un peu comme une boule de feu (voir vidéo ci-dessous).

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