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Sophie Wilmès (MR) est le nouveau Premier ministre : Sophie qui?

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Politique

28/10/2019 | Wouter Verschelden | 9 min de lecture

Le nouveau Premier ministre belge est une femme : Sophie Wilmès (MR). L’ancienne ministre du budget est issue des libéraux francophones, qui rafflent un nouveau poste de haut niveau.

Dans l’actualité : Sophie qui ? On peut dire sans grand risque de se tromper que la libérale francophone est très peu connue en Flandre, et en fait aussi en Belgique francophone. En tant que ministre du budget, elle a parcouru un maigre chemin : elle n’a jamais réussi à équilibrer le budget. Mais d’une manière ou d’une autre, tout le poids de cette responsabilité politique est retombé sur le célèbre ministre des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA) en Flandre. Désormais, Wilmès ne pourra plus s’en tirer à aussi bon compte : on lui confie l’ingrate tâche de faire quelque chose du travail de Premier ministre, dans un gouvernement fédéral qui zigzague. En effet, il est démissionnonaire, mais surtout, il n’a pas de majorité de travail à la Chambre. Et c’est un grave problème : même le budget d’urgence en douzièmes provisoires n’a pas été voté la semaine dernière. Et Wilmès ne devrait pas s’attendre à beaucoup de sympathie : les socialistes, certainement du côté francophone, traiteront avec mépris la nouvelle Première ministre, qui n’est pas un poids lourd politique, car elle n’a presque pas obtenu de voix. En outre, elle a obtenu ces voix dans la périphérie flamande autour de Bruxelles, ce qui rend les nationalistes flamands particulièrement méprisants à l’égard de Mme Wilmès et de ses vues sur cette périphérie.

Les détails : Pour Wilmès, l’affaire est un peu plus complexe que le fait d’être Premier ministre. Les affaires européennes, qui font désormais partie intégrante des affaires étrangères, sont retirées de ce département et confiées au CD & V et à son vice-premier ministre, Koen Geens. Il est important que les démocrates chrétiens flamands aient également leur mot à dire sur un certain nombre de dossiers européens importants, tels que le Brexit. Après tout, il est temps à présent de passer à la préparation des sommets européens. Avec un président européen du Conseil, un commissaire européen, un premier ministre et un ministre des Affaires étrangères qui étaient tous membres du MR, les choses étaient devenues un peu ridicules pour les libéraux francophones. Alors maintenant, il y a un CD & V dans cette liste. Bien qu’il soit bien entendu limité au niveau du « Conseil général »: les travaux préparatoires. Bien sûr, ce sera Wilmès pour les chefs d’État et une nouvelle figure pour les ministres des affaires étrangères. Parce qu’il y aura quelqu’un de nouveau du MR au poste de Reynders, dès qu’il sera parti. Ce sera pour le portefeuille de la Défense et le reste du portefeuille des affaires étrangères, à l’exception de l’Europe.

La raison de l’accord :  En fin de compte, Open Vld n’a pas été difficile : ils n’ont pas réclamé le poste, mais n’ont pas voulu se coucher devant un Premier ministre CD&V. « La famille la plus nombreuse, c’est celle des libéraux », continuait-on à claironner. Geens n’a pas pu obtenir le poste, car ils étaient à deux contre un. De plus, la question était de savoir si le CD & V il était douteux que le CD&V ait reçu l’appui total de son propre parti. Lors d’un entretien remarquable avec Het Laatste Nieuws le week-end, Kris Peeters (CD & V), qui se trouve maintenant dans le mouroir européen, s’est déjà exprimé clairement sur la question de savoir si Geens devrait être premier ministre: « Ce n’est pas le problème aujourd’hui. CD & V doit maintenant redevenir une équipe gagnante. (…) Notre première considération devrait toujours être : est-ce que telle ou telle étape aidera CD & V à avancer en tant que parti ? Le moment est venu pour les démocrates chrétiens de sauver le pays puisque personne d’autre ne l’a fait. »

Conclusion de l’accord :  à un moment donné, il a été question d’un remaniement plus large des portefeuilles, par lequel Geens, par exemple, aurait reçu la totalité des Affaires étrangères. Mais au final, ils ont décidé de ne pas le faire, car cela ne donnerait pas une bonne image d’un gouvernement dans les affaires courantes, qui devait être modeste. Le Premier ministre a cherché et finalement trouvé un compromis, la dernière chose qu’il fera avec cette équipe.

La vue d’ensemble : Il s’agit aussi de la formation actuelle du gouvernement, bien sûr. Il s’agit tant pour Open Vld que CD&V de garder des liens plus ou moins intacts avec les libéraux francophones. Parce que les deux partis, Open Vld et CD & V, voudraient se joindre à un gouvernement violet-jaune, avec la N-VA, le PS et le même parti. Mais seuls les socialistes flamands du sp.a sont sûrs d’y participer, à l’exception des trois premiers. Il appartient donc au jaune violet de choisir soit une coalition de N-VA, PS, MR, sp.a et Open Vld ou CD & V. Tout le monde attire tout le monde pour avoir le bon parti :

  • PS et sp.a  ont une nette préférence : Le CD&V devrait être présent, car c’est après tout un parti avec lequel ils peuvent travailler, avec une aile syndicale et un Koen Geens (CD&V) « de gauche ». Ils doivent déjà travailler avec la N-VA, les nationalistes flamands, dans un gouvernement. Et avec les « ennemis » du MR. « Un autre parti libéral bleu foncé, celui du Open Vld ? Non merci. »
  • La N-VA  ne veut certainement pas d’une coalition socio-économique trop à gauche. A un moment donné, les Flamands ont également plaidé en faveur de la formation d’une coalition avec CD&V et sp.a, et du départ d’Open Vld. Cela aurait pu être la même histoire cohérente au niveau fédéral. Mais pour le moment, la N-VA ne le voit pas vraiment comme et hésite à faire faux bond à Open Vld et à entrer dans un cabinet travailliste avec deux partis syndicaux.
  • MR  a bien sûr les «liens familiaux» avec Open Vld, bien qu’ils se soient relativement relâchés l’année dernière. La chute du gouvernement Michel, et surtout la phase qui a fait suite, a causé des blessures. Après tout, pendant que le premier ministre Michel tentait de sauver son cabinet minoritaire et cherchait l’appui des socialistes pour un budget, Open Vld torpillait ce plan. Le MR entretient de bonnes relations avec CD & V depuis longtemps. Surtout avec Wouter Beke, et il est maintenant parti en tant que président. Cela s’applique-t-il encore maintenant qu’il y a toutes sortes de changements de pouvoir chez CD&V et MR ? Quoi qu’il en soit : Open Vld et CD&V avaient (et ont toujours) un intérêt clair à tenir le MR à distance. D’où la Première ministre Wilmès.

Entre les lignes : Il est donc clair que la nomination de Wilmès s’inscrit dans un jeu plus large. Et que personne ne veuille finalement trop blesser le MR. Et il a été sagement décidé de ne pas céder beaucoup de pouvoirs au gouvernement. Mais c’est ainsi que le premier ministre Michel remporte sa dernière partie de poker: jeter l’éponge tôt, prendre tout le monde de vitesse et placer ainsi son candidat préféré au Seize. Le fait que la raison en était l’irritation suscitée par les déclarations du CD&V (un député naïf du CD&V s’est demandé où se trouvait le Premier ministre pendant l’heure des questions), était bien pratique pour contrer Geens dès le début.

Et maintenant ?  Le scénario dans son ensemble présente également un inconvénient majeur pour le PS : la création d’un gouvernement d’urgence est toujours possible, mais on ne peut pas traîner immédiatement Open Vld ou CD&V, qui aurait été au Seize, dans le bain dans une coalition avec les verts et les socialistes. Pas via le seize, en tout cas. Parce que c’est là-bas que le MR est encore assis.

Qui a gagné ce weekend ? Eh bien:

  • Bien sûr, Wilmès elle-même. Être Premier ministre, la première femme en plus, c’est un bonus. Qui peut mettre cela sur sa liste de réalisations ?
  • Surtout la N-VA. La situation aurait pu être bien pire pour eux : un Flamand au Seize aurait pu devenir populaire (Alexander De Croo paraissait remarquablement bien placé comme « Premier ministre désiré » dans Het Laatste Nieuws). Mais surtout : Open Vld ou CD&V auraient pu être plus facilement entraînés dans des scénarios violet-vert. Et bien sûr : un Premier ministre francophone, plutôt anti-flamand, qui ne peut en aucun cas renforcer immédiatement la Belgique fédérale ? « Merci, gouvernement. »
  • Koen Geens (CD & V), qui peut désormais se rendre dans tous les sommets européens. Bien que, bien sûr, cela reste une construction étrange : sortir les affaires européennes des affaires étrangères, en particulier dans les affaires courantes. Ils seront not amused dans la Rue des Petits Carmes, près des Affaires étrangères. Sauf peut-être les diplomates qui avaient de plus en plus l’impression d’être dans un bastion bleu : maintenant, il redevient un peu orange.

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