Réduire de seulement 1g l’apport quotidien en sel permettrait de sauver des millions de vies

Consommer trop de sel entraine une augmentation de la pression artérielle et donc, du risque de maladie cardiovasculaire. Les efforts à fournir pour réduire ce risque ne sont pourtant pas énormes, selon une nouvelle étude. Réduire d’un gramme notre apport quotidien en sel suffirait à prévenir des millions d’accidents vasculaires.

Ce n’est pas un secret, le sel n’est pas bon pour la santé, surtout lorsqu’il est consommé au-delà d’une certaine quantité. Malheureusement, à l’heure des fast-foods et des aliments ultra transformés, on retrouve cet exhausteur de gout en abondance dans notre alimentation, augmentant ainsi le risque de problèmes cardiovasculaire au sein de la population. Et les messages de prévention sur les dangers de la surconsommation de sel semblent malheureusement sans effet. Pourtant, les études sur le sujet ne manquent pas. Des chercheurs ont cependant voulu prendre le contrepied pour faire passer le message en présentant les efforts minimes à adopter pour réduire de manière drastique les risques de maladie cardiovasculaire.

Ils se sont penchés sur le cas de la Chine, dont la population consomme quotidiennement en moyenne 11 grammes de sel, soit plus du double des 5 grammes recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). La Belgique et la France font un peu mieux, avec une consommation quotidienne moyenne de 9 et 8 grammes.  

Les maladies cardiovasculaires représentent 40% des décès en Chine. Outre l’urbanisation, l’augmentation de la consommation d’aliments transformés – riches en sel – est considérée comme l’un des principaux facteurs contributifs.

Une mesure a priori dérisoire pour sauver des millions de vies

Sur base des habitudes de consommation des Chinois, ainsi que des statistiques en matière de tensions artérielles et taux de maladie, les chercheurs ont calculé qu’une diminution de l’apport quotidien en sel d’un seul gramme permettrait de prévenir 9 millions de cas d’accident vasculaire cérébral et de crise cardiaque d’ici 2030. Sachant que 4 millions de ces cas sont susceptibles d’être mortels, cet infime changement aurait de fameuses conséquences.

D’autant plus que les résultats des programmes d’éducation menés dans les écoles chinoises laissent penser que la population n’aurait pas trop de mal à atteindre cet objectif de réduire de 1 gramme sa consommation de sel quotidienne.

Moins de sel, moins de décès

Les chercheurs ont également tenté de déterminer l’impact qu’aurait une baisse de 3,2 grammes – soit une réduction de 30% par rapport à la moyenne – de la consommation de sel sur la santé d’ici 2025, ainsi que l’apport recommandé par l’OMS d’ici 2030.

Leurs résultats ont montré qu’en réduisant de la sorte la consommation quotidienne moyenne de sel, deux fois plus de décès liés aux maladies cardiovasculaires pourraient être évités, et ce, tout simplement parce que la pression artérielle systolique de la population diminuerait.

Pour arriver à ce résultat, il faudra cependant que la réduction soit constante et s’étende sur plusieurs années. « Les estimations précédentes de l’impact sur la santé de la réduction de la consommation de sel en Chine utilisaient des sources de données obsolètes ou non fiables et ne tenaient pas compte de l’effet plus prolongé de la réduction du sel sur la pression artérielle sur plusieurs années », ont souligné les scientifiques dans leur article.

De nombreux bienfaits pour la santé

Bien qu’ils se soient concentrés sur les effets bénéfiques de la réduction de l’apport journalier de sel sur la santé, les chercheurs estiment que cela pourrait également avoir d’autres avantages puisque certains types de cancers et divers problèmes rénaux sont liés à une consommation trop importante de sel.

Et bien qu’une réduction d’un gramme soit acceptable – du moins, pour les Chinois -, diviser par 2 sa consommation quotidienne moyenne de sel pour atteindre les 5 grammes recommandés représente un plus gros challenge. Pourtant, les bénéfices seraient là.

Comment réduire sa consommation de sel ?

La première chose à savoir est que nos papilles s’habituent au sel. Ainsi, au bout d’un moment, les plats très salés peuvent paraitre fades en raison de l’ajustement de nos papilles. Et il faudra un moment pour qu’elles s’habituent à des niveaux de sel moindres. « Quand on s’habitue à ce qu’il y ait moins de sel, il y a des chances qu’on apprécie la nourriture et qu’on remarque une gamme plus étendue de saveurs », souligne l’OMS.

Pour réduire sa consommation et sa résistance au sel, voici quelques astuces :

  • Éviter les plats préparés
  • Décrypter les étiquettes pour repérer le sel sous toutes ses formes (chlorure de sodium)
  • Limiter sa consommation de charcuterie, biscuits apéro et chips
  • Opter pour des fromages moins salés
  • Moins saler à la cuisson, notamment l’eau des pâtes
  • Gouter les plats avant de saler – attention, si votre palais s’est habitué à manger très salé, il ne faudra pas s’y fier
  • Ne pas mettre de salière sur la table
  • Remplacer le sel par des herbes et des condiments
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