Qu’est-ce que le no-management et quelles en sont les dérives?

(Pixabay)

Le no-management, comme son nom l’indique, est une forme d’organisation où il n’y a pas de managers pour gérer une équipe. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de hiérarchie. Il y a des chefs, mais ils évitent contentieusement toute forme de prise de décision et les problèmes qui vont avec. C’est en tout cas ce qu’explique le journal Capital.

Le no-management peut sembler à première vue êtreun un mode de fonctionnement libre, tolérant, permettant de gérer son temps et son travail sans être harcelé par un chef. Ceux qui ont subi la pression d’un manager un peu trop présent rêvent tous d’un cadre de travail de ce type.

Toutefois, on est loin d’une structure idyllique. Ce n’est pas une holacratie où chacun peut donner son opinion pour la prise de décision et où la responsabilité est partagée entre tous les travailleurs. Le no-management se forme souvent sans toujours le vouloir dans les grosses entreprises ou les administrations. Il y a tellement de travailleurs qu’on s’y perd dans qui doit donner les ordres, à quel groupe de personnes et qui prend les décisions. Ainsi pour éviter tout problème, chacun rejette la responsabilité d’une décision sur les autres.

Une forme de loi de la jungle s’installe. Ce sont les plus forts qui dominent les plus faibles. Le harcèlement, le sexisme et le racisme sont rois. Seuls deux camps existent dans une telle organisation : ceux qui en profitent et ceux qui en font les frais. Les chefs délèguent leur travail aux personnes en dessous d’eux dans la structure, sans prendre la moindre décision importante. Les petits travailleurs amassent le travail, sous les remarques discriminantes et sans être guidé dans leur travail.

Sortir du no-management

Cette organisation du travail s’est généralement installée petit à petit. Personne n’a dit un beau jour: ‘Et si on arrêtait tout simplement de coordonner le travail à faire ?’. Mais le manque de structure claire et définie a permis à de plus en plus de gens d’éviter de prendre leurs responsabilités, sans que l’entreprise soit nécessairement impliquée.

Mais une fois qu’il est installé, le no-management disparait difficilement. Les chefs veulent rester dans une zone de confort où ils ne seront pas réprimandés pour la gestion de leur équipe. Lorsqu’un employé en bas de l’échelle, qui subit le système, demande du changement, il se fait directement recaler par ses supérieurs qui préfèrent le statu quo.

Le seul changement possible est une décision qui vient du sommet de la hiérarchie. Mais dans ces très grosses structures, le grand chef n’a généralement pas conscience de ce qui se passe tout en bas. En outre, cela demanderait un travail énorme de préciser ce que chaque travailleur de l’entreprise doit faire et d’indiquer qui est responsable de qui dans une boite ou une administration qui gère des milliers de travailleurs.

Le journal Capital donne alors un conseil : si vous subissez ce type d’organisation, ‘prenez du recul, faites votre possible sans trop vous impliquer et voyez cela comme une bonne histoire à raconter’ plus tard. Vous ne pouvez pas changer le fonctionnement de l’entreprise, mais vous pouvez changer votre regard sur cette expérience.