Principaux renseignements
- Selon Ronnie Chatterji, économiste en chef chez OpenAI, l’IA transforme les rôles professionnels plutôt que de les remplacer entièrement.
- L’intégration rapide des technologies stimule la productivité et l’investissement en Europe.
- Les données sur l’emploi contredisent les craintes de licenciements massifs liés à l’IA.
Ronnie Chatterji, économiste en chef chez OpenAI, affirme que l’intelligence artificielle ne rendra pas les employés humains obsolètes. Lors d’un débat organisé dans le cadre de la réunion annuelle de la Banque centrale européenne à Sintra, au Portugal, il a précisé que si l’IA est capable d’effectuer des tâches spécifiques, cela ne signifie pas pour autant que le poste dans son ensemble sera remplacé.
Les leçons de la révolution numérique
Plutôt que de se demander si cette technologie constitue une menace ou un avantage, Chatterji suggère de s’attacher à comprendre comment les métiers vont évoluer.
Pour illustrer ce point, Chatterji a évoqué l’expérience de son père, économiste au milieu des années 1980. Lorsque les ordinateurs personnels ont fait leur apparition, cette transition n’a pas entraîné la disparition de l’emploi de son père ; elle a plutôt permis de remplacer les systèmes obsolètes à cartes perforées et les ordinateurs centraux. Cette évolution technologique a servi d’outil permettant d’améliorer son efficacité et son rendement global.
Stabilité économique
Les conséquences économiques potentielles de l’IA constituent une préoccupation majeure pour les autorités financières mondiales, notamment la BCE. On craint qu’un déplacement massif de la main-d’œuvre ne déstabilise l’inflation et la croissance économique. Bien que les données actuelles de l’institution ne montrent aucune hausse immédiate du chômage, la présidente Christine Lagarde reste vigilante face à ces évolutions.
Par ailleurs, un débat a lieu quant à la capacité de la zone euro à tirer parti de l’IA, les modèles les plus sophistiqués étant développés en dehors de la région. Cependant, Mme Lagarde estime que l’intégration rapide de ces outils peut tout de même apporter des avantages substantiels à l’Europe.
Accélérer la productivité et l’investissement
Philip Lane, économiste en chef de la BCE, a souligné que l’adoption de l’IA progressait rapidement à travers l’Europe. D’après des données récentes issues des entreprises et des consommateurs, l’intégration de cette technologie s’opère plus rapidement que celle des innovations à usage général précédentes. Lane s’est montré optimiste quant à la capacité de l’IA à stimuler l’investissement et la productivité, tout en reconnaissant qu’elle n’en est encore qu’à ses débuts.
Chatterji a conclu en soulignant que les craintes initiales concernant des licenciements massifs ne se sont pas concrétisées. Il a cité le domaine du génie logiciel comme exemple principal, notant que l’emploi dans ce secteur n’a pas baissé autant que les détracteurs l’avaient initialement prédit, malgré le développement des capacités de l’IA. (fc)
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