Quelle quantité de carbone faut-il pour tuer une personne ?

Les émissions de carbone de 3,5 Américains – soit l’équivalent de 4.434 tonnes de CO2 – suffisent à entrainer la mort prématurée d’un individu dans le monde.

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Nature Communications, les émissions individuelles de CO2 peuvent nuire à la santé voire entrainer la mort précoce de personnes dans le monde. Un lien de cause à effet particulièrement morbide qui a le mérite de permettre de mieux se rendre compte de l’impact de la pollution de l’air et de ses conséquences climatiques sur l’Homme.

Dans son étude, le chercheur Daniel Bressler de l’Université de Columbia s’est penché sur le coût humain engendré par le changement climatique plutôt que ses conséquences économiques, soit l’indicateur CSC (coût social du carbone) qui calcule la valeur monétaire des dommages causés par l’émission de chaque tonne de CO2.

Les Américains plus meurtriers que les Nigérians

Plusieurs études se sont déjà penchées sur l’évaluation du nombre de décès causés par la pollution, mais dans celle de Daniel Bressler, le chercheur prend le problème à contresens en calculant la quantité de pollution nécessaire pour entrainer la mort prématurée d’une personne d’ici la fin du siècle. De cette manière, il est plus facile de se rendre compte de l’impact direct et indirect de la pollution de l’air sur l’Homme.

L’étude du chercheur démontre également une grande disparité entre les émissions de carbone individuelles de chaque pays. Ainsi, au cours de leur vie, 3,5 Américains vont générer la quantité mortelle de CO2, soit 4.434 tonnes de dioxyde de carbone, alors que 25 Brésiliens ou 146 Nigérians seraient nécessaires pour produire autant de CO2.

« Les gens ne devraient pas prendre la mortalité associée à leurs émissions trop personnellement. Nos émissions dépendent en grande partie de la technologie et de la culture de l’endroit où nous vivons », a souligné le chercheur dans une interview accordée au Guardian. C’est avant tout aux politiques de mettre en place des lois pour limiter la production de CO2 des grandes entreprises.

Selon une étude de l’Université d’Harvard, plus de 8 millions de personnes à travers le monde décèdent chaque année en raison de la pollution de l’air et de ses effets sur la santé.

Un nombre sous-estimé

Le chercheur indique également que le nombre de morts liés à la pollution pourrait très bien être sous-estimé puisque son étude ne prend en compte que les décès causés par les vagues de chaleur toujours plus fréquentes et importantes. Or, le réchauffement climatique n’entraine pas qu’une hausse des températures. Il a également un impact sur les inondations et les tempêtes qui deviennent de plus en plus nombreuses. Certaines maladies se propagent également à cause de cela. La famine se répand puisque les cultures souffrent elles aussi du dérèglement climatique (sécheresse, fortes pluies, etc.).

« Il y a un nombre significatif de vies qui peuvent être sauvées si on encourage des politiques climatiques plus agressives que le scénario habituel », a déclaré Daniel Bressler. « J’ai été surpris par l’importance du nombre de décès, qui pourrait être plus faible, mais aussi beaucoup plus élevé ». Des mesures fortes contre la pollution pourraient permettre de sauver des millions de vies.

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