Quelle heure est-il sur la Lune ? Une question plus importante qu’il n’y parait

Les différentes agences spatiales de notre planète se sont mises d’accord : il faut s’accorder sur un « temps lunaire » afin d’éviter le chaos et les problèmes de ponctualité quand on sera plus nombreux là-haut. Mais il faut encore décider du comment, et d’à qui confier la tâche.

Avec les différentes missions d’exploration lunaires qui sont au programme, habitées ou non, ainsi qu’une station spatiale permanente en orbite de notre satellite, la population de la Lune va fortement augmenter dans un avenir proche. Or, il va bien falloir que tout ce beau monde – des Américains, des Chinois, des Européens, des Russes peut-être – coopère autant que possible. Et cela passe par des détails qui jusqu’ici n’avaient pas été pris en compte comme coordonner ses montres.

Heure de pointe en orbite lunaire

Jusqu’ici, chaque mission lunaire fonctionnait sur sa propre échelle de temps, liée à l’heure terrestre du lieu de lancement. Mais dans un futur proche, il faudra mettre au point un système unique et cohérent pour les multiples missions spatiales qui vont se croiser sur l’astre de nos nuits, et qu’il faudra bien coordonner.

Cette nouvelle réflexion a abouti à un accord, lors d’une réunion des agences spatiales en novembre 2022 rappelle Space.com, pour mettre sur place un « temps lunaire » internationalement accepté. Un enjeu qui n’est d’ailleurs pas qu’une question de confort : il faudra savoir où se trouvent chacun des vaisseaux ou des sondes qui croiseront aux alentours de la Lune au même instant T afin d’éviter tout incident. Ça sera d’ailleurs le rôle du système de navigation lunaire Moonlight de l’ESA, ainsi que d’un service équivalent de la NASA, le Lunar Communications Relay and Navigation System, que l’ont pourrait comparer à des GPS orbitaux.

« Cela permettra aux missions de maintenir des liens avec la Terre et de les guider sur leur chemin autour de la Lune et à la surface, ce qui leur permettra de se concentrer sur leurs tâches principales, mais Moonlight aura aussi besoin d’une échelle de temps commune partagée afin que les missions soient reliées entre elles et pour faciliter la fixation des positions. »

Wael-El Daly, ingénieur système de Moonlight, dans un communiqué de l’ESA

Ce genre de système de standardisation existe déjà sur notre planète. La navigation en mer comme le grand ballet des satellites nécessitent une précision rigoureuse pour éviter les catastrophes, et c’est à ça que servent les systèmes de chronométrages calés sur la norme mondiale du temps universel coordonné (UTC), qui est maintenue par le Bureau international de poids et mesures (BIPM), basé à Paris. L’UTC est également utilisée par l’internet et l’aviation, ainsi que par les expériences scientifiques qui nécessitent des mesures de temps très précises.

Un temps qui s’écoule un petit peu différemment

Reste à mettre sur place ce système et choisir l’heure qu’il est sur la Lune. Et ça n’est pas aussi simple qu’on l’imaginerait, car il faut déjà décider d’un organisme – ou de plusieurs – chargé de gérer ce système de chronologie lunaire, et si l’heure locale sera indépendante ou synchronisée avec le temps sur Terre.

En outre, regarder sa montre sur la Lune pourra s’avérer compliqué : du fait de la faible gravité (qui affecte déjà tous les mécanismes), la physique élémentaire fonctionne légèrement différemment et le temps s’écoule plus vite sur notre satellite que sur Terre – de 56 millionièmes de seconde par jour terrestre. Ce qui n’est vraiment pas grand-chose, certes, mais l’astrophysique est une science de précision.

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