Quand Ray Dalio complimente la Chine et fait la leçon aux États-Unis, « l’endroit où il est le plus risqué d’investir »

L’investisseur à succès n’a pas sa langue en poche. Quitte à saluer la Chine et son programme de la « prospérité commune » ou à tacler les États-Unis, « l’endroit le plus risqué où investir ».

Le milliardaire Ray est à la tête Bridgewater Associates, le plus grand fonds spéculatif du monde. Il est une voix du monde économique très écoutée aux États-Unis, notamment sur son compte LinkedIn, où il publie régulièrement ses analyses sur la situation économique du monde.

Pour Dalio, les avantages concurrentiels des États-Unis sont en déclin. Dans son livre, Principles for dealing with the changing world order, il estime que la combinaison d’une inégalité croissante, d’une énorme dette nationale et d’un système politique dysfonctionnel, associée à la montée de la Chine en tant que rival, mettra les États-Unis en difficulté.

« Nous sommes à un moment critique », prévient-il. « Soit nous surmonterons nos différences et travaillerons ensemble, soit nous aurons une forme de guerre civile et/ou une guerre extérieure », conclut celui qui a pu anticiper la crise financière de 2008 et préserver son fonds d’investissement.

C’est pourquoi, régulièrement et encore la semaine dernière, il a affirmé haut et fort que les États-Unis ne sont pas un lieu sûr où investir. Il pousse même la provocation plus loin, en louant les mérites de la Chine et le programme égalitaire de Xi Jinping sur la « prospérité commune« . Le président chinois entame depuis le début de l’année une attaque frontale contre les géants de la tech chinois, estimant que personne n’est au-dessus de l’intérêt général du pays (et du Parti communiste). Plusieurs milliardaires de la tech en ont fait les frais, en commençant par l’excentrique Jack Ma pour se poursuivre avec le patron d’Evergrande, prié de puiser dans sa fortune personnelle pour remettre l’entreprise à flot.

« La prospérité commune est une bonne chose », a déclaré Dalio lors de la conférence UBS sur la Chine, lundi, rapporte le Wall Street Journal.

« Les critiques ont tort de voir la campagne, défendue par le président chinois Xi Jinping, comme un retour au communisme de l’ancien dirigeant Mao Zedong. D’abord, vous devenez riche. Ensuite, vous vous efforcez de répartir ces opportunités de manière plus équitable. Les États-Unis, à travers leur propre système, ont besoin de plus de prospérité commune. »

Ray Dalio.

Le mépris américain

Mais qu’on ne s’y trompe pas. Ray Dalio a de longue date des intérêts en Chine, où il investit. Mais justement, par ses sorties, il espère briser un mur, car beaucoup ne sont pas encore convaincus à Wall Street que la Chine représente une opportunité, que ce soit par nombrilisme, mépris ou simple rejet.

Le PDG de DoubleLine Capital, Jeffrey Gundlach, a déclaré la semaine dernière que la Chine n’était « pas un pays où l’on peut investir » en raison de l’incertitude règlementaire, rappelle Business Insider. L’année dernière, Georges Soros estimait le mouvement de Black Rock en Chine, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, comme « une erreur stratégique ».

Mais pour Dalio, les États-Unis sont plus risqués: en se basant sur l’actif, le passif, l’ordre interne, le niveau d’éducation et les avantages concurrentiels (le dollar par exemple), les États-Unis feraient mieux de se regarder dans la glace, reprend Bloomberg.

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