Bessent promet d’augmenter les rachats d’actions après que la hausse des taux d’intérêt a annulé la reprise des obligations d’État américaines


Principaux renseignements

  • Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, pourrait dépasser les limites actuelles de rachat afin de stabiliser les taux obligataires, qui sont en forte hausse.
  • De nouveaux plans d’assainissement budgétaire évalueront les dépenses et les recettes afin de réduire la dette publique.
  • Les analystes de marché avertissent que les interventions tactiques ignorent les risques structurels profonds et nuisent à la crédibilité.

Après une remontée des rendements des obligations d’État américaines à long terme, qui a annulé les gains réalisés lors d’un récent rachat de titres de dette, le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a indiqué que le gouvernement pourrait mettre en œuvre des interventions plus intensives. La première mesure visant à doubler les volumes de rachat n’a pas permis de maintenir la stabilité du marché. En effet, les rendements des obligations à 30 ans et à 10 ans sont remontés au niveau qu’ils affichaient avant l’annonce.

Relèvement des plafonds d’intervention

En réponse à cela, Bessent a précisé que le plafond actuel de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros) par opération devait être considéré comme un minimum plutôt que comme un maximum. Il a laissé entendre que le ministère des Finances était prêt à dépasser ce montant pour signaler que les rendements actuels ne correspondaient pas aux fondamentaux économiques. Le ministre a attribué la volatilité des marchés au manque de liquidité, notamment sur les obligations à 30 ans, et à la tendance des opérateurs à réagir aux actualités géopolitiques, telles que le conflit avec l’Iran, plutôt qu’aux données économiques fondamentales.

Assainissement budgétaire

Outre des interventions immédiates sur le marché obligataire, Bessent a laissé entrevoir une stratégie imminente axée sur l’assainissement budgétaire. Celle-ci devrait être annoncée au début de la semaine prochaine. Ce plan, sous l’égide du président américain Donald Trump, évaluera à la fois les dépenses et les sources de recettes afin de stabiliser l’économie. Réagissant au fait que la dette publique américaine a franchi le cap des 40 000 milliards de dollars (34 300 milliards d’euros), Bessent a déclaré que la croissance économique pourrait alléger ce fardeau. Il a par ailleurs critiqué l’administration Biden en raison du ratio déficit/PIB record, qu’il a mis en parallèle avec la légère baisse enregistrée l’année dernière sous Trump.

Scepticisme des analystes

Ces engagements ont toutefois été accueillis avec scepticisme par les analystes de marché, notamment parce que la dette publique a augmenté cette année en raison de changements de politique et des dépenses liées à la guerre. Krishna Guha, d’Evercore ISI, a qualifié cette stratégie de rachat de version fragile de l’« Opération Twist ». Elle a averti que cela pourrait refléter les difficultés rencontrées par Washington pour obtenir des financements à faible coût. Par ailleurs, Maia Crook, de JPMorgan, a estimé que ces interventions tactiques ne tiennent pas compte des problèmes structurels profondément enracinés et risquent de nuire à la réputation du ministère des Finances, connu pour maintenir un calendrier prévisible et cohérent en matière d’émission de titres de dette. (ev)

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