Principaux renseignements
- Les réserves de gaz de l’UE ont chuté à 62 pour cent, réduisant ainsi la réserve stratégique hivernale de la région.
- Les prix du marché freinent le remplissage des stockages en supprimant les incitations financières pour les entreprises.
- Des objectifs réglementaires flexibles permettent d’éviter les flambées de prix tout en préservant la sécurité énergétique.
Au 20 août, les réserves de gaz de l’Union européenne s’élevaient à environ 62 pour cent, soit une baisse notable par rapport aux 74 pour cent enregistrés à la même période l’année dernière. Bien que la Commission européenne affirme qu’il n’y a pas de menace urgente pour l’approvisionnement énergétique, cette réduction des stocks affaiblit la protection de la région face aux pics de consommation hivernaux et aux instabilités potentielles des marchés mondiaux.
La réserve stratégique
La situation actuelle n’est pas considérée comme une pénurie immédiate, mais plutôt comme une diminution de la réserve stratégique constituée par le gaz stocké. Les données issues de la base de données AGSI+ mettent en évidence cet écart. La réserve stratégique est un stock essentiel qui sert de protection contre les interruptions d’approvisionnement. Malgré cela, le groupe de travail « Énergie » de l’Union européenne reste optimiste et note que les capacités d’importation existantes de gaz naturel liquéfié (gnl) offrent la flexibilité nécessaire pour faire face à la situation au cours des prochains mois.
Stockage de gaz
Le principal défi est davantage d’ordre économique que physique. Traditionnellement, les entreprises achètent du gaz lorsque la demande est faible, afin de le revendre avec profit en hiver. Cependant, lorsque les prix actuels sont élevés ou que la hausse prévue des prix pour l’hiver est minime, l’incitation financière à remplir les stocks disparaît. Le Groupe de coordination du gaz en a pris conscience et a précédemment suggéré qu’une réserve de 80 pour cent à la fin de l’été serait suffisante. Il a toutefois reconnu que la volatilité du marché pourrait rendre difficile l’atteinte des objectifs obligatoires.
Ajustements réglementaires
Pour faire face à ces pressions financières, l’UE a adapté son cadre réglementaire. Alors que les obligations de stockage avaient initialement été mises en place pour réduire la dépendance vis-à-vis de sources volatiles à la suite de l’invasion de l’Ukraine, les règles offrent désormais davantage de souplesse. Les États membres doivent désormais atteindre un taux de remplissage de 90 pour cent à un moment donné entre le 1er octobre et le 1er décembre, plutôt que dans un délai rigide. De plus, les pays peuvent s’écarter de cet objectif de 10 pour cent au maximum si les prix élevés rendent le remplissage prohibitif, ce qui permet d’éviter des pics de demande artificiels qui feraient encore grimper les coûts.
La sécurité d’approvisionnement pour l’hiver
Bien que les importations par gazoduc et les livraisons de GNL se poursuivent, et que la consommation globale ait baissé depuis 2022, le stockage souterrain reste essentiel. Ces installations couvrent généralement près d’un tiers des besoins en gaz de l’UE pour l’hiver. Par conséquent, le niveau actuel de 62 pour cent représente une marge de sécurité plus faible. La capacité de l’Europe à atteindre un niveau de réserve plus élevé dépendra de la baisse éventuelle des prix internationaux ou de la persistance des tensions géopolitiques, qui continueraient à rendre coûteux l’approvisionnement en gaz supplémentaire. (ev)
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