Comment la longue mission de l’USS Abraham Lincoln s’est transformée en un cauchemar logistique


Principaux renseignements

  • L’USS Abraham Lincoln rentre au port après des informations faisant état de graves problèmes psychologiques au sein de l’équipage et de pénuries de produits d’hygiène.
  • Les attaques iraniennes ont perturbé les nœuds logistiques et les voies maritimes, entraînant des retards dans l’acheminement de ravitaillements essentiels.
  • Les responsables militaires nient ces lacunes, tandis que les législateurs exigent des comptes quant au bien-être des marins.

Après une mission de neuf mois au Moyen-Orient, l’USS Abraham Lincoln rentre à San Diego. L’USS George Washington prend le relais.

La traversée devrait durer quatre à cinq semaines. Ce départ fait suite à une série de rapports inquiétants concernant le bien-être des 5 000 membres d’équipage, notamment des allégations de graves troubles psychologiques et d’actes désespérés de la part de certains marins.

Lacunes logistiques

Des rapports internes indiquent que le navire souffrait de pénuries chroniques de produits d’hygiène de base, tels que le savon, le déodorant et le dentifrice. Ces défaillances logistiques auraient été causées par une frappe de missile iranien sur un centre logistique de la Marine à Bahreïn, qui servait de quartier général à la Cinquième Flotte.

Bien que le Pentagone ait évité de confirmer l’ampleur des dégâts, des responsables de la marine ont fait savoir aux proches des militaires que cette installation n’était plus en mesure d’assurer les opérations de ravitaillement.

Impact du détroit d’Ormuz

La crise a été encore aggravée par l’instabilité du détroit d’Ormuz. En raison des attaques iraniennes contre le trafic maritime, la Marine a évité le détroit, obligeant les navires de ravitaillement à emprunter un itinéraire beaucoup plus long via l’océan Indien.

Selon le capitaine à la retraite Thane Clare, cela a entraîné le déplacement du point de ravitaillement vers Diego Garcia, allongeant ainsi la durée du trajet d’un jour et demi à cinq jours. En conséquence, la fréquence des transports de ravitaillement est passée d’une fois tous les trois jours à une fois tous les dix jours.

Critiques à l’égard de l’approche de la marine

Bryan Clark, ancien commandant de la marine désormais rattaché à l’Hudson Institute, a suggéré que la réticence de la marine à admettre qu’elle avait perdu le contrôle du détroit d’Ormuz avait contribué au mystère entourant la situation.

Il a également critiqué la conduite de l’opération militaire. Selon Clark, le conflit a été géré de manière trop impulsive, sans suffisamment de prévoyance ni de planification.

Législateurs exigent des explications

Ces circonstances ont entraîné une intervention législative : le sénateur Richard Blumenthal a rédigé des lettres adressées au secrétaire à la Défense et au secrétaire par intérim à la Marine, au nom des familles des marins, pour exiger des comptes.

Démenti du Pentagone

En réponse, le Pentagone a démenti ces allégations. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que la Marine veillait à ce que tous les équipages et capitaines bénéficient de toutes les ressources possibles.

De même, l’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a salué la résilience et l’esprit d’équipe des marins lors d’une visite à bord du navire. Dans une tribune libre et sur les réseaux sociaux, Cooper a qualifié ces rapports négatifs d’obsolètes, affirmant que l’USS Abraham Lincoln affichait en réalité l’un des taux les plus bas de troubles de santé mentale parmi les onze porte-avions américains. (lv)

Suivez également Business AM sur Google Actualités

Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

Ajoutez fr.businessam.be en tant que source préférée sur Google
Plus