Principaux renseignements
- Son autonomie exceptionnelle et son excellent rapport coût-efficacité ont fait du P-51 le chasseur par excellence de la Seconde Guerre mondiale.
- L’association de la cellule à l’avion du moteur Merlin a permis d’atteindre des performances exceptionnelles à haute altitude.
- Grâce aux chasseurs d’escorte à longue portée, la supériorité aérienne de la Luftwaffe au-dessus de l’Europe a été brisée.
Le P-51 Mustang est souvent cité comme le meilleur chasseur de la Seconde Guerre mondiale, une affirmation étayée par trois critères principaux : son autonomie exceptionnelle, son palmarès au combat et son rapport coût-efficacité. C’est ce qu’écrite 19fortyfive.
Une aubaine dotée d’une puissance de feu redoutable
Capable de parcourir 2 655 km avec des réservoirs externes, il assurait une escorte cruciale aux bombardiers atteignant Berlin, un exploit inégalé par les autres avions alliés. De plus, ses pilotes ont remporté environ 4 950 victoires aériennes en Europe.
D’un point de vue financier, le Mustang était une véritable aubaine, coûtant environ 44 000 d’euros l’unité, soit nettement moins que le P-38 Lightning ou le P-47 Thunderbolt.
D’un pari entrepreneurial à une avancée technique
La genèse de cet avion est le fruit d’un pari entrepreneurial. En 1940, North American Aviation refusa une demande britannique visant à construire des P-40 sous licence, affirmant pouvoir créer un modèle supérieur utilisant le même moteur Allison en moins de temps. Cette affirmation audacieuse aboutit à la réalisation d’un prototype, le NA-73X, achevé en seulement 102 jours.
Alors que la cellule était dotée d’une aile innovante à écoulement laminaire et d’un système de radiateur efficace pour réduire la traînée, le moteur Allison peinait à haute altitude. Le véritable potentiel de l’avion resta inexploité jusqu’en 1942, date à laquelle il fut équipé du moteur Merlin de conception britannique. Cette amélioration permit au Mustang de dominer à 9 km, ce qui conduisit à la production de plus de 15 500 exemplaires, dont le modèle définitif, le P-51D.
Renverser le cours de la guerre aérienne
L’intégration du moteur Merlin a radicalement changé le cours de la guerre aérienne au-dessus de l’Europe. Dès le début de l’année 1944, la 8e Armée de l’air adopta une stratégie plus offensive, utilisant les Mustang pour traquer activement la Luftwaffe plutôt que de se contenter d’escorter les bombardiers.
Au cours de l’intense « Big Week » de février 1944, les pilotes de Mustang éliminèrent près de 18 pour cent des pilotes de chasse chevronnés allemands. L’apparition de ces appareils au-dessus de Berlin marquèrent le déclin de la supériorité aérienne allemande. À la fin de cette année-là, les capacités de chasse diurne de la Luftwaffe étaient anéanties.
Héritage de polyvalence
Alors que des concurrents comme le Spitfire possédaient de meilleures capacités de montée et que le P-47 était plus résistant, la combinaison unique d’endurance et de puissance de feu du Mustang le rendait indispensable.
Service d’après-guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, l’appareil entama une seconde vie sous le nom de F-51. Il fut largement utilisé au début de la guerre de Corée, principalement pour des missions d’attaque au sol, bien que son radiateur vulnérable le rendît sensible aux tirs au sol.
Le Mustang est resté en service dans plus de 25 pays pendant des décennies. Son histoire opérationnelle a connu une conclusion symbolique en 1969, lors de la « guerre du football » entre le Honduras et le Salvador, qui a été le théâtre du dernier combat aérien de l’histoire entre des avions à moteur à pistons.
(at)
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