Principaux renseignements
- Les sanctions américaines ont paralysé les exportations iraniennes de pétrole brut vers la Chine.
- La pénurie de pétrole brut iranien a entraîné une forte hausse de son cours sur le marché international.
- Les petites raffineries chinoises doivent trouver des sources d’énergie alternatives ou réduire leur production.
La disponibilité du pétrole brut iranien pour les acheteurs chinois a fortement diminué suite à la réinstauration d’un embargo américain sur les exportations iraniennes. Cette pénurie laisse penser que les raffineries indépendantes en Chine, qui dépendent fortement du pétrole iranien, pourraient être contraintes de rechercher d’autres sources d’énergie d’ici le mois prochain.
Des réserves mondiales en baisse
Selon des chiffres récents de Kpler, la quantité de pétrole brut iranien en dehors du golfe d’Oman et du golfe Persique est tombée à environ 83 millions de barils. À la mi-juillet, les stocks s’élevaient encore à 100 millions de barils, avant l’échec des négociations diplomatiques.
Muyu Xu, analyste senior chez Kpler, a souligné que près de 40 millions de barils de ce stock restant sont actuellement stockés dans des installations flottantes près des limites extérieures est du port de Singapour. Cependant, des sources du secteur indiquent que la quasi-totalité de ces cargaisons a été vendue, et qu’il ne reste plus qu’environ 4 millions de barils disponibles.
Pénuries d’approvisionnement
En raison de l’efficacité du blocus américain, aucun pétrolier iranien n’a réussi à contourner les restrictions, ce qui signifie qu’il n’y a pratiquement pas de nouvel approvisionnement disponible pour les livraisons à partir de fin septembre.
En raison de cette pénurie, le prix du pétrole brut iranien sur le marché international a considérablement augmenté par rapport à celui des autres pétroles.
Pressions géopolitiques sur les exportations
Le blocus a considérablement entravé les exportations depuis l’île de Kharg, le principal terminal assurant la grande majorité des expéditions iraniennes. On s’attend à une intensification de la pression suite à l’annonce par le président Donald Trump d’une campagne économique sans précédent contre l’Iran, comprenant notamment des menaces de sanctions sévères à l’encontre de tout pays apportant un soutien financier ou matériel au régime.
Bien qu’elle ne soit pas mentionnée nommément, cette mise en garde est largement considérée comme visant la Chine, qui importe actuellement plus de 90 pour cent du pétrole iranien sanctionné.
Crise pour les « raffineries-théières » chinoises
Cette crise d’approvisionnement survient à un moment critique pour les « raffineries-théières » chinoises du Shandong, où les réserves de pétrole ont atteint leur niveau le plus bas de l’année. Alors que les experts s’attendaient auparavant à une augmentation des importations iraniennes en août pour reconstituer ces stocks, le blocage actuel rend cette perspective peu probable.
En conséquence, ces raffineries doivent augmenter leurs achats de produits de substitution, tels que le fioul ou le pétrole russe de l’Oural. Les stocks d’ESPO sont déjà épuisés, ce qui les obligerait sinon à réduire leur capacité de production en octobre à mesure que leurs stocks s’épuiseraient. (lv)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

