Principaux renseignements
- Le Royaume-Uni acquiert 12 avions furtifs F-35A afin de relancer ses opérations nucléaires aériennes.
- Ces appareils sont capables de transporter des armes nucléaires américaines en période de crise, ce qui renforce l’intégration au sein de l’OTAN.
- L’augmentation des stocks mondiaux d’armes nucléaires a été le moteur de cette évolution vers la dissuasion collective.
Le Royaume-Uni rétablit le rôle nucléaire de la Royal Air Force avec l’acquisition d’au moins 12 avions furtifs F-35A Lightning II. Ces appareils, qui opéreront depuis la base de la RAF à Marham, sont classés comme « à double capacité », ce qui leur permet de transporter des armes nucléaires américaines en cas de crise.
Bien que ce soient des pilotes britanniques qui piloteront ces appareils, les charges nucléaires resteront sous l’autorité stricte des États-Unis.
Rôle nucléaire au sein de l’OTAN
Cette évolution fait suite à une annonce faite en juin 2025 à la suite d’une évaluation stratégique de la défense. Dans ce document, il était recommandé au gouvernement de renforcer son engagement dans le cadre nucléaire de l’OTAN.
En intégrant ces avions de chasse, le Royaume-Uni adopte une stratégie « NATO First », qui va au-delà de sa dépendance antérieure à l’égard du soutien conventionnel et apporte à nouveau des capacités nucléaires directes à l’Alliance.
Retour aux missions nucléaires aériennes
Ce nouveau rôle aérien est distinct du programme nucléaire souverain du Royaume-Uni. Pour la première fois depuis le retrait de l’arme WE177 en 1998, la RAF sera à nouveau associée à des opérations nucléaires.
Auparavant, l’histoire du nucléaire aérien britannique remontait à la Seconde Guerre mondiale et au déploiement des bombes « Blue Danube » sur des bombardiers V à partir de 1956. Depuis la fin des années 1990, le pays s’est appuyé exclusivement sur les missiles Trident lancés depuis des sous-marins.
Dissuasion nucléaire au sein de l’alliance
La stratégie de défense plus large de l’OTAN repose sur une combinaison de moyens nucléaires américains stationnés en Europe, soutenus par les infrastructures de divers États membres, ainsi que sur les forces stratégiques de la France, des États-Unis et du Royaume-Uni.
Bien que le Royaume-Uni ait intégré ses moyens nucléaires à l’OTAN depuis 1962, son propre dispositif de dissuasion reste strictement autonome, le Premier ministre étant le seul habilité à en ordonner le déploiement. Le gouvernement s’abstient délibérément de préciser dans quelles circonstances spécifiques il utiliserait ces armes. Il affirme toutefois qu’elles sont réservées à la légitime défense ou à la protection des alliés.
Prolifération mondiale
Le ministère britannique de la Défense a invoqué la détérioration du climat de sécurité mondial et l’augmentation des stocks d’armes nucléaires à l’étranger pour justifier ces ajustements. Des rapports indiquent que la Russie dispose de plus de 4 000 ogives opérationnelles, tandis que l’arsenal chinois, qui s’élève actuellement à environ 600, devrait doubler d’ici 2035.
Coopération nucléaire avec les États-Unis
La coopération nucléaire entre les États-Unis et le Royaume-Uni repose sur l’accord de vente Polaris de 1963 et l’accord de défense mutuelle de 1958. Ceux-ci permettent le partage de technologies, de données et de composants non nucléaires.
Actuellement, la force de dissuasion indépendante du Royaume-Uni est assurée par quatre sous-marins de la classe Vanguard, basés à HMNB Clyde. Ceux-ci seront remplacés, à partir du début des années 2030, par la flotte de la classe Dreadnought.
Dans le cadre d’un engagement dit de « triple verrou », le Royaume-Uni maintiendra sa force de dissuasion maritime permanente. Parallèlement, il déploiera sa nouvelle flotte de F-35A pour soutenir la sécurité collective de l’OTAN. (lv)
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