Principaux renseignements
- Loukachenko a rencontré Poutine en secret pour discuter de la sécurité régionale et du commerce.
- La Russie fait pression sur la Biélorussie pour qu’elle ouvre un nouveau front militaire.
- L’Ukraine a contraint Minsk à désactiver les systèmes de navigation des drones sous la menace de représailles.
Lors d’une réunion diplomatique secrète le 26 juin, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a rencontré le président russe Vladimir Poutine à la résidence de Valdai, un lieu rarement utilisé pour des rencontres diplomatiques officielles. C’est ce qu’indique RBC. L’existence de cette rencontre n’a été révélée par le Kremlin et Minsk qu’après le départ présumé de Loukachenko.
Agenda diplomatique
À l’issue des entretiens, le Kremlin a confirmé la rencontre. Selon le porte-parole, les dirigeants auraient abordé les questions de la sécurité régionale, des relations économiques, du commerce et de l’agenda de l’Union étatique. Le Kremlin a toutefois précisé qu’aucune déclaration publique officielle ne serait publiée.
Cette visite clandestine faisait suite à une instruction publique donnée par Loukachenko à l’ambassadeur russe Boris Gryzlov, dans laquelle il insistait pour que la Biélorussie ne soit pas entraînée dans le conflit actif. Des informations persistantes indiquent que Moscou exerce, par le biais des structures de l’Union des États, des pressions juridiques et financières pour contraindre Minsk à ouvrir un nouveau front militaire et à intégrer des citoyens biélorusses dans les forces armées russes.
Menaces de Kiev
Parallèlement à ces tensions, Loukachenko a dû faire face à des menaces en provenance de Kiev. Selon Der Spiegel, Loukachenko était profondément inquiet face à l’ultimatum lancé par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le président biélorusse craignait davantage les capacités de l’Ukraine en matière de drones que la pression exercée par son allié russe.
Le 19 juin, Zelensky a donné une semaine à la Biélorussie pour démanteler les répéteurs de signaux russes utilisés pour la navigation des drones, sous peine de représailles militaires immédiates. Des sources des services de renseignement ont confirmé par la suite que ces systèmes de guidage, qui soutenaient les attaques de drones Shahed près de la frontière, avaient été mis hors service avant même l’expiration du délai.
La neutralité
Loukachenko continue d’affirmer que la Biélorussie reste un acteur pacifique dans le conflit. Il a toutefois averti que cette neutralité prendrait fin si Kiev tentait d’impliquer Minsk dans la guerre. Il a indiqué avoir eu des entretiens avec des représentants de Zelensky et a affirmé avoir saisi cette occasion pour mettre en garde les dirigeants ukrainiens. Loukachenko a déclaré que toute tentative de provocation à l’encontre de la Biélorussie changerait fondamentalement la nature du conflit. Dans le même temps, il s’est également montré disposé à négocier la paix, à condition que l’Ukraine offre des garanties contre toute nouvelle agression. (ev)(fc)
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