Principaux renseignements
- La Russie souhaite construire une centrale nucléaire sur la Lune d’ici 2036.
- Une production énergétique solide permet une croissance industrielle durable et l’exploration de l’espace lointain.
- Les récents échecs de missions et les coûts colossaux remettent en question ces ambitions lunaires stratégiques.
Roscosmos, l’agence spatiale russe, a formulé une directive présidentielle visant à établir une centrale nucléaire sur la surface lunaire d’ici 2036. Cette initiative est destinée à alimenter en énergie les futures installations sur la Lune et sert de tremplin pour les explorations ultérieures de Mars et de Vénus, ainsi que pour le développement de vaisseaux spatiaux à propulsion nucléaire.
Conception de la centrale lunaire
Pour atteindre cet objectif, Rosatom et Roscosmos travaillent actuellement à la conception d’une unité de production capable de générer 10 kW. Cette technologie est développée pour résister à l’environnement lunaire hostile, caractérisé notamment par un rayonnement extrême, le vide spatial et des températures pouvant chuter jusqu’à moins 150 degrés Celsius pendant la nuit lunaire, qui dure deux semaines. Malgré cette conception initiale, les responsables reconnaissent qu’une puissance de 10 kW est insuffisante pour des activités industrielles à grande échelle. Alexey Likhachev, directeur de Rosatom, a fait valoir que des capacités énergétiques plus élevées sont essentielles pour des projets tels que l’extraction d’éléments de terres rares, la production de carburant pour fusées à partir de glace et la fabrication locale, avertissant que sans une énergie nucléaire robuste, l’exploration de l’espace lointain restera limitée à des missions occasionnelles plutôt qu’à une croissance industrielle durable.
Une histoire d’échecs techniques
Cependant, les ambitions lunaires de la Russie ont été entachées par une série de revers et de retards. Un échec notable s’est produit en 2023 lorsque la sonde Luna-25, fruit d’une décennie de préparation, s’est écrasée sur la Lune.
D’autres retards ont affecté les missions suivantes, le prochain lancement ayant été repoussé de 2027 à 2028.
Objectifs stratégiques et investissements financiers
Parallèlement à ces efforts techniques, l’Académie russe des sciences a proposé un plan stratégique intitulé « Sciences spatiales ». Grâce à ce projet, la Russie espère conserver son statut de leader mondial dans le domaine spatial et, à terme, revendiquer des « territoires souverains » sur la Lune.
Les estimations financières pour cette initiative lunaire jusqu’en 2036 s’élèvent à environ 700 milliards de roubles (8 milliards d’euros), tandis que le budget alloué au projet spatial national dans son ensemble est de 4,4 billions de roubles (50 milliards d’euros). (fc)
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

