Pour la FEB, le tax-shift n’a pas servi qu’à augmenter les bénéfices des entreprises

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. (Isopix)

La FEB livre sa version de l’impact du tax-shift pour les entreprises belges. Selon ses chiffres, il a favorisé l’exportation, l’emploi et les investissements écologiques et numériques.

Un mois après l’étude de la Banque nationale révélant que les entreprises belges avaient pu profiter du tax-shift et du saut d’index essentiellement pour augmenter leurs bénéfices, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) tire ses propres conclusions. Les entreprises exportatrices belges ont revu leurs prix relatifs à l’exportation à la baisse afin de stimuler la croissance de leurs exportations. Les entreprises du secteur privé ont également recruté en masse et elles ont augmenté de 17% en 5 ans leur volume d’investissement pour se préparer aux révolutions écologique et numérique à venir, pointe la FEB.

Réduction des prix à l’exportation

La presse économique faisait écho de cette étude de la BNB fin décembre. Celle-ci relevait que les marges des entreprises belges étaient clairement supérieures à la moyenne de la zone euro depuis 2016.

De son côté, la FEB précise que les entreprises exportatrices belges ‘ont réduit leurs prix à l’exportation de 3% par rapport à la moyenne de la zone euro dès 2015, suite à l’introduction du saut d’index et à l’annonce du tax-shift’.

Sur les marchés de biens, cette stratégie a porté ses fruits. Tandis que la croissance de nos exportations de biens était de seulement 1,5% par an entre 2010 et 2015, soit nettement moins qu’en Allemagne (4%) ou en France (3%), la situation s’est inversée entre 2016 et 2018, avec une croissance des exportations de biens de 3,7% par an en Belgique, contre 3,2% en Allemagne et 3,4% en France. « Les mesures en faveur de la compétitivité prises par la coalition suédoise ont donc clairement eu un impact positif sur nos exportations de biens », souligne la fédération patronale.

Conséquence des attentats de 2016

Elle reconnaît cependant qu’il n’en a pas été de même pour les services, justifiant cette contre-performance par ‘la relative faiblesse du secteur e-commerce belge et par les conséquences des attentats de 2016 sur le tourisme dans notre pays.

Les entreprises ont signé de bons résultats en matière d’emplois. Entre le troisième trimestre 2014 et le troisième trimestre 2019, le nombre d’emplois dans le secteur privé a augmenté de 224.000 unités, une croissance de 1,4% par an.

La FEB nuance donc les hausses de bénéfices. Le taux de marge brut a effectivement quelque peu augmenté, mais il faut encore tenir compte des investissements à financer et des impôts. « Entre 2014 et 2018, les investissements ont augmenté de 17% en volume et la pression de l’impôt des sociétés s’est accrue », souligne la fédération. La rentabilité nette s’est améliorée entre 2015 et 2017 mais se situait encore sous le niveau de 2004-2007.