Notre système immunitaire n’est plus aussi aguerri qu’avant le Covid: la grippe s’annonce particulièrement virulente cet hiver

Les mesures contre le Covid-19 nous ont épargné de nombreuses autres maladies contagieuses. Mais notre immunité en a pris un coup. Au risque qu’au prochain hiver, la grippe soit particulièrement active.

Pourquoi est-ce important ?

2020 a quasiment été une année sans grippe grâce aux mesures prises pour enrayer la propagation du Covid-19. Mais après un an sans sollicitation saisonnière, notre système immunitaire est particulièrement démuni pour la saison à venir. Certaines études craignent 20% de cas supplémentaires par rapport à 2019.

Les mesures sanitaires prises pour enrayer la propagation du coronavirus ont eu au moins un effet secondaire positif : à force de nous laver les mains, de porter des masques, et de respecter la distanciation sociale, nous avons été bien moins enclins à développer des maladies virales saisonnières comme la grippe durant l’hiver 2020-2021. Sauf que selon certains experts, le virus de la grippe va en profiter pour nous réserver une très mauvaise surprise l’année prochaine.

Le péril twindemic

En 2020, nous avons largement échappé à un effet d’ « épidémie jumelle » (twindemic en anglais) : une vague de grippe s’ajoutant à une vague de coronavirus pour saturer d’autant plus les services hospitaliers. Mais le phénomène pourrait très bien se produire l’hiver prochain. Deux études américaines viennent de paraître coup sur coup, et elles prédisent environ 20% de cas de grippe supplémentaires par rapport à une année normale. Un gros désagrément pour la majorité d’entre nous, mais un danger mortel pour les plus fragiles. Et pour notre réseau hospitalier, déjà fort sollicité par le coronavirus.

Car la prochaine vague de grippe frappera une population dont les défenses immunitaires n’ont plus une mémoire aussi fraiche de la maladie. Ce n’est pas pour rien que chaque année, un nouveau vaccin antigrippal est spécialement mis au point pour garantir l’immunité contre les souches de la maladie suspectées d’être les plus virulentes. Or, ce déficit immunitaire dû à une année quasiment sans grippe est d’autant plus fort pour les jeunes enfants, en particulier ceux nés dans l’année, qui n’ont pas été confrontés à un environnement viral « normal ». Déjà, la Grande-Bretagne assiste à une épidémie de bronchiolites graves chez les enfants nés durant la pandémie, car ceux-ci n’ont pas été assez confrontés à des virus susceptibles de stimuler leurs défenses immunitaires.

Une seule solution : la vaccination

« Une réduction de l’immunité de la population due au manque d’activité du virus de la grippe depuis mars 2020 peut avoir pour résultat de provoquer une saison de la grippe précoce, et potentiellement sévère », prévient ainsi le réseau américain de centres pour le contrôle et la prévention des maladies. Et contre cette nouvelle épidémie annoncée, il n’y a qu’une seule solution envisageable : la vaccination massive, dès que le vaccin contre la grippe annuelle sera disponible.

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