« Ne paniquez pas trop face à un effondrement des marchés en octobre »

Les marchés, c’est un peu comme la crise du coronavirus. Face aux bullologistes, il y a les rassuristes.

Selon plusieurs spécialistes des marchés comme Jeremy Grantham, Michael Burry ou encore Rich Bernstein, une correction boursière est imminente, et elle pourrait faire mal. Certains l’annonçaient déjà pour le mois de septembre. Les marchés ont certes été en recul mais aucun effondrement du marché n’a été jusqu’ici observé.

Alors d’autres misent sur le mois d’octobre, car au cours de l’Histoire, certains mois d’octobre ont été sanglants pour les marchés, c’était par exemple le cas lors des effondrements de 1929, de 1987 ou encore de 2008.

Sauf que selon les données de Ryan Detrick, stratège en chef du marché chez LPL Financial, rapportées par CNN, le mois d’octobre n’est pas, statistiquement, un mois plus particulier qu’un autre: il s’agit du 7e meilleur mois pour le S&P 500 depuis 1950 et du 4e meilleur au cours des 10 et 20 dernières années.

« Le mois d’octobre est en fait plus connu pour quelques écroulements spectaculaires, donc beaucoup de gens s’attendent à ce que de mauvaises choses se reproduisent cette année », a déclaré Detrick, « mais la vérité est que ce mois est tout simplement mal compris, car historiquement, il s’agit d’un mois dans la moyenne. »

De plus, cette année, il n’y a pas d’élections présidentielles, qui sont toujours un facteur d’instabilité aux États-Unis. Les actions n’aiment pas beaucoup la politique. Au bout du compte, ce mois d’octobre pourrait en fait se porter comme un charme.

Les risques

  • Alors bien sûr, il reste pas mal d’incertitudes sur les marchés. Le débat sur le plafond de la dette américaine en est certainement un. On se dirigerait toutefois vers un report du débat au mois de décembre, c’est en tout cas ce qu’ont proposé les républicains pour apaiser les tensions avec les démocrates qui ne bénéficient que d’une courte majorité.
  • La crise énergétique couve aussi, mais c’est surtout le cas pour l’Asie et l’Europe, les États-Unis bénéficiant d’une plus grande autonomie dans ce domaine. Reste que si la croissance chinoise, indienne ou européenne venait à s’enrayer, c’est tout le marché mondial qui en pâtirait. Nous n’en sommes pas encore là, les perspectives de croissance restent extrêmement bonnes après le gros de la crise sanitaire. Pour l’heure, la facture énergétique des ménages n’affecte par leur confiance, et donc leur consommation.
  • On pourrait ajouter à ces deux éléments la pénurie de certains matériaux, les difficultés que rencontrent les transports maritimes ou encore une résurgence de la crise sanitaire, mais selon Robert Teeter, directeur général de Silvercrest Asset Management, « pratiquement tous ces problèmes montrent des signes tangibles de résolution et ne devraient pas causer de dommages à long terme aux valorisations boursières. »

Les raisons de positiver

Le PDG de JP Morgan pour l’Europe, Vis Raghavan, ne croit pas non plus en un « krach boursier », car selon lui, de nombreux investisseurs sont à la recherche d’opportunités et vont déployer des quantités d’argent sans précédent.

  • « Les volumes d’actions, tant en espèces qu’en produits dérivés, sont toujours élevés et il semble que cette dynamique va se poursuivre. »
  • « L’activité de fusions et d’acquisitions a atteint un niveau record et il ne semble pas que cela va ralentir. »
  • Les échanges de crédits et les taux d’intérêt « se normalisent pour atteindre les niveaux d’avant la crise ».

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