Les médias gratuits peuvent-ils être rentables et survivre ?

Les médias gratuits « pure players » subissent de plein fouet la cannibalisation du marché de la publicité sur internet opérée par le duopole Facebook et Google. Certains tentent de changer de business model. Mais pour beaucoup, les pertes et les licenciements sont devenus une réalité. La semaine dernière, les mauvaises nouvelles sont tombées coup sur coup dans le secteur des médias gratuits, rappelle le Figaro :-       Oath, né de la fusion entre AOL et Yahoo!, a annoncé la suppression de 560 postes en plus des 2100 licenciements de juin.-       Ziff Davis, qui possède notamment la marque PC Magazine, a fait l’acquisition de Mashable pour 50 millions de dollars selon le Wall Street Journal. Le site était certes à la recherche de fonds depuis plusieurs mois, mais il a été acheté pour une somme cinq fois inférieure à sa valeur estimée l’année dernière.-       Enfin, le Wall Street Journal a annoncé que ni BuzzFeed ni Vice ne rempliraient leurs objectifs financiers pour 2017.Facebok et Google sont désignés coupables : à eux deux, ils s’accaparent l’essentiel du marché publicitaire sur Internet (plus de 60% des dépenses publicitaires en ligne). Aux autres sites de se partager le reste du gâteau, qui diminue d’année en année.

La vidéo ou le capital-risque

Selon Josh Marshall, du site Talking Points Memo, beaucoup ont causé leur propre débâcle en misant tout sur la vidéo, plus rentable. Dans certains cas, ils ont même limogé leur salle de rédaction. En conséquence, leur lectorat s’est effondré.De même, les sociétés de capital-risque qui ont investi massivement dans ces nouveaux médias risquent de se retirer. Les médias en ligne sont certes en croissance, mais ils restent souvent dépendants d’apports réguliers d’argent en attendant d’atteindre la taille qui leur permettra d’attirer des annonceurs disposant de plus gros budgets. Ces annonceurs leur permettraient d’atteindre leur seuil de rentabilité. Si les investisseurs, impatients ou inquiets, se retiraient, ce serait le krach.De leur côté, les médias gratuits ont compris qu’ils devaient diversifier leurs sources de revenus pour réduire leur dépendance aux seuls revenus publicitaires. C’est ce qu’essayent de faire Buzzfeed et Vice, mais la transition se fera-t-elle à temps ?