« L’ours fait son nid » sur les marchés boursiers : pourquoi les baisses risquent de continuer malgré des signes encourageants

Après une baisse générale et drastique de la valeur des actions, les investisseurs se retrouvent enclins à interpréter toute tendance inverse comme le signal fort d’une reprise. Au risque de pêcher par excès d’optimisme.

Les marchés boursiers connaissent un léger rebond depuis quelques jours et cela semble se maintenir, alors que l’indice Dow Jones avait grimpé de 2,7 % ce vendredi, et que le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont gagné plus de 3 %. L’indice paneuropéen Stoxx 600, quant à lui, a bondi de 2,6 % vendredi, sa meilleure journée depuis plus de trois mois, et il a poursuivi sa progression lundi. Mais attention au faux positif : ce n’est pas pour autant le retour du taureau, pour reprendre les étranges métaphores animalières de Wall Street.

Si le bovin incarne en effet la hausse des marchés, c’est plutôt l’ours (bear) qui reste le maitre du territoire. Et selon Trevor Greetham, responsable des actifs multiples chez Royal London Asset Management, il n’est pas prêt de partir: « Nous pensons toujours que nous sommes dans un marché baissier et nous pensons qu’il s’agit […] d’une reprise de soulagement. Ce que nous avons vu jusqu’à présent n’est que la partie de ce marché baissier liée aux taux d’intérêt » a-t-il estimé auprès du média économique américain CNBC. Celui-ci rappelle d’ailleurs que le S&P 500 est toujours en baisse de près de 18% depuis le début de l’année, tandis que le Stoxx 600 avait perdu environ 15% à l’échelle annuelle. De quoi rendre toute petite hausse fort relative.

Le règne de l’ours dure au moins deux ans

« Tous les jours de hausse les plus importants ont eu lieu durant dans des marchés baissiers, alors ne vous laissez pas trop aspirer par les marchés, je dirais », estime l’expert financier britannique. « Cette reprise pourrait durer un peu plus longtemps, mais ne pensez pas que c’est la fin du marché baissier – je pense qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir, et vous devez être diversifié et vous comporter en tacticien. »

En ce qui concerne la durée du marché baissier, M. Greetham a suggéré aux investisseurs de s’inspirer d’autres « marchés baissiers inspirés par les banques centrales », tels que la crise financière de 2007-2009, le début des années 2000 après l’éclatement de la bulle Internet et le début des années 1990. À chaque fois, le règne de l’ours avait duré deux ou trois ans avant qu’une véritable reprise ne se mette en place.

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