Malgré son impact environnemental, Boris Johnson valide la colossale HS2, ligne de train à grande vitesse

Les travaux commencent à Chalfont St Giles à Bucks, pour le projet de chemin de fer HS2 (High Speed 2), que le gouvernement prévoit de faire avancer. (Ben Cawthra/REX)

Boris Johnson a donné son feu vert pour ce projet faramineux, la construction de la ligne ferroviaire à grande vitesse la plus chère du monde. Elle reliera dans sa première phase Londres à Birmingham.

Ce projet hors normes était évoqué pour la première fois il y a dix ans. Il semblerait qu’il finira par voir le jour sous l’impulsion de Boris Johnson. Actuellement, la Grande-Bretagne ne compte qu’une seule voie ferrée à grande vitesse, la HS1. Inaugurée en 2003, celle-ci relie Londres au tunnel sous la Manche, donc à la France. Mais elle devrait bientôt avoir une petite sœur, la HS2 (High Speed 2). Enfin, petite, c’est un euphémisme.

La HS2 devrait permettre aux trains d’atteindre des vitesses allant jusqu’à 250 miles par heure (soit 361 km/h) en vitesse de pointe. S’exprimant à l’issue d’une réunion du cabinet mardi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré à la Chambre des communes que son gouvernement avait ‘le cran de prendre la décision’ d’assurer la prospérité dans tout le pays, reliant plus rapidement Londres au centre et au nord de l’Angleterre.

Un projet à 118 milliards

Le HS2 a pourtant suscité de vives controverses quant à son impact environnemental et son coût exorbitant. Le budget 2015 l’a estimé à un peu moins de 56 milliards de livres (66,4 milliards d’euros), mais un rapport divulgué en janvier révèle que ce projet atteindrait maintenant les 118 milliards d’euros, soit le double de son prix initial.

En ce qui concerne les coûts, Boris Johnson a l’intention de nommer un ministre à plein temps pour prendre en charge le projet HS2, imposer une certaine discipline dans le calendrier du projet et rechercher des économies.

Catastrophe écologique

Mais les coûts faramineux ne sont pas les seules critiques de ce projet gargantuesque. Selon un groupe de pression nommé STOP HS2, cette ligne ferroviaire favorise Londres plutôt que de profiter à d’autres régions de Grande-Bretagne, comme le prétend le premier ministre britannique.

STOP HS2 affirme aussi que le train à grande vitesse causera d’importantes destructions à l’environnement naturel, en traversant d’anciennes forêts, des réserves naturelles et près de 700 sites sauvages classés. ‘Les gens qui ont des intérêts commerciaux à voir le gouvernement s’engager à construire la ligne de chemin de fer la plus chère de l’histoire du monde ont fait un lobbying intense et ont obtenu ce qu’ils voulaient’ a indiqué le directeur de la campagne militante, Joe Rukin.

La ligne est pourtant considérée comme une des promesses du gouvernement de stimuler la croissance au-delà du sud-est de l’Angleterre dans un monde post-Brexit. Elle en aurait bien besoin, alors que l’Office for National Statistics (ONS) annonçait ce mardi une croissance nulle au Royaume-Uni durant le quatrième trimestre de 2019…

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