Principaux renseignements
- La Commission européenne va durcir les règles relatives aux visas Schengen pour les citoyens russes.
- Onze pays réclament des restrictions harmonisées afin de ne plus nuire à la diplomatie de l’UE.
- La France, l’Italie et l’Espagne font figure d’exceptions en délivrant un nombre élevé de permis de voyage.
En réponse à la pression exercée par une coalition de 11 pays, la Commission européenne s’est engagée à mettre en place des restrictions plus spécifiques concernant les visas Schengen pour les citoyens russes. Cette décision fait suite à des plaintes menées par la Suède concernant l’application incohérente des règles en matière de visas au sein de l’Union, des critiques visant en particulier l’Espagne, l’Italie et la France pour leur délivrance continue de permis de voyage aux touristes russes.
Réduire les risques pour la sécurité
Selon Markus Lammert, porte-parole de la Commission chargé des questions migratoires, ces restrictions ciblées visent à atténuer les menaces pour la sécurité résultant du comportement hostile de pays tiers. Ces ajustements devraient être intégrés dans une révision plus large du code des visas prévue pour l’année prochaine.
Par conséquent, ces changements n’auront pas d’incidence sur les voyages pendant la période estivale à venir. Les États membres conservant la compétence principale en matière d’octroi de visas, Bruxelles agira à titre de supervision.
Une coalition pour l’unité
Cette initiative a été lancée à la suite d’une lettre officielle émanant d’un groupe comprenant la République tchèque, le Danemark, la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, les Pays-Bas et la Suède, ainsi que la Norvège et l’Islande, membres de l’espace Schengen mais non membres de l’UE. La coalition a fait valoir que les divergences actuelles dans l’application des lignes directrices de 2022 – qui visaient à donner la priorité à la sécurité et à limiter les voyages non essentiels – sapent l’unité européenne.
Elle a affirmé que ce manque de cohésion affaiblit la position diplomatique de l’UE et envoie des messages contradictoires alors que l’Ukraine reste sous le feu des attaques. Le groupe exhorte la Commission à établir des mandats contraignants et à fournir des données transparentes et fréquentes sur les octrois de visas.
Disparités dans la délivrance des visas
Alors que la Commission a défendu ses progrès, soulignant que le nombre de visas annuels délivrés aux Russes a chuté de quatre millions avant l’invasion à environ 500 000 en 2025, certains pays restent des cas particuliers.
La France a pris la tête du bloc en 2025 avec près de 180 000 visas – une augmentation par rapport à l’année précédente -, suivie par l’Italie avec près de 160 000 et l’Espagne avec près de 100 000. La coalition a exprimé sa consternation face au fait que les vacanciers russes continuent de fréquenter les stations balnéaires européennes alors que les infrastructures civiles en Ukraine sont prises pour cible.
À l’inverse, certains soutiennent que le volume élevé de visas dans ces pays spécifiques résulte simplement de leur taille plus importante et de taux de demande plus élevés. Les partisans de ce point de vue affirment que les visas touristiques ne compromettent pas la position de l’UE vis-à-vis du Kremlin, car les personnes responsables du conflit font déjà l’objet de sanctions ciblées.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

