Les États-Unis annulent la livraison de missiles Tomahawk à l’Allemagne


Principaux renseignements

  • Les États-Unis annulent les livraisons de missiles Tomahawk à l’Allemagne afin d’éviter une escalade des tensions avec la Russie.
  • L’épuisement des stocks d’armes et les changements stratégiques obligent les nations européennes à assumer elles-mêmes leurs propres charges de défense.

Les États-Unis devraient renoncer à un accord conclu précédemment visant à fournir des missiles Tomahawk à l’Allemagne. Ce revirement politique soudain est largement motivé par les craintes du Pentagone que la fourniture de telles armes de précision ne soit perçue par la Russie comme une escalade, susceptible de déclencher une riposte de Moscou. C’est ce que rapporte Politico.

Un changement de stratégie de l’OTAN

Cette décision reflète un retrait stratégique plus large des États-Unis par rapport à leurs engagements traditionnels envers l’alliance de l’OTAN. Parmi les mesures récentes figurent l’annulation du projet de stationnement de 5 000 soldats américains en Allemagne — ramenant ainsi les effectifs à leur niveau d’avant la guerre en Ukraine — ainsi que la réduction des moyens navals, des drones et des avions de combat. Le général Alexus Grynkewich, commandant en chef des forces américaines en Europe, a indiqué que les États-Unis allaient réorienter leurs ressources vers d’autres priorités, laissant entendre que les nations européennes devaient désormais assumer la charge principale de leur propre sécurité conventionnelle.

Arsenaux épuisés

Au-delà des craintes diplomatiques, les États-Unis sont confrontés à un arsenal épuisé. Le conflit avec l’Iran a entraîné la consommation de milliers de missiles Patriot et Tomahawk ; le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a averti le Congrès que le réapprovisionnement de ces stocks serait un processus de longue haleine. Le chancelier allemand Friedrich Merz a reconnu cette pénurie, soulignant que les États-Unis ne disposaient actuellement pas de stocks suffisants pour soutenir d’autres nations.

À la recherche d’alternatives

Pour Berlin, ce recul est alarmant. Les dirigeants allemands tentent de reconstruire une armée négligée afin de contrer les menaces russes, telles que les missiles Iskander à Kaliningrad et les systèmes Oreshnik en Biélorussie. Le ministre de la Défense Boris Pistorius a exprimé son pessimisme quant à l’acquisition de Tomahawks ou du système de lancement Typhon, malgré les demandes officielles adressées à Washington.

En conséquence, l’Allemagne recherche d’autres capacités de frappe à longue portée. Alors que Berlin envisage des systèmes et des drones de fabrication européenne, les planificateurs militaires craignent que ceux-ci ne puissent pas remplacer entièrement les capacités du Tomahawk. On s’inquiète de plus en plus que le rythme du retrait américain dépasse la capacité de l’industrie européenne de la défense à combler le vide sécuritaire qui en résulte.

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