L’Allemagne accélère le développement de ses propres missiles, les Tomahawks américains promis ne devant probablement pas arriver


Principaux renseignements

  • Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, plaide en faveur de solutions alternatives pour maintenir la dissuasion face à la Russie, dans un contexte de réduction potentielle du déploiement de missiles américains en Europe.
  • La réduction potentielle de la présence militaire américaine en Europe souligne les tensions croissantes entre les États-Unis et leurs alliés européens.
  • Les experts en sécurité soulignent l’importance pour l’Europe d’accélérer le développement de capacités de frappe à longue portée indépendantes afin de garantir la sécurité régionale.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a reconnu le défi potentiel en matière de sécurité que représente une éventuelle réduction des déploiements de missiles américains en Europe. Il a souligné la nécessité pour l’Allemagne et ses alliés européens de trouver des solutions alternatives pour maintenir la dissuasion face à la Russie.

Inquiétudes européennes

Les inquiétudes de Pistorius découlent des récentes déclarations du président Donald Trump suggérant de nouvelles réductions de la présence militaire américaine en Allemagne, y compris l’abandon des projets de déploiement de missiles à longue portée. Ce changement potentiel a suscité l’inquiétude parmi les membres de l’OTAN, d’autant plus que les tensions entre les États-Unis et l’Europe s’intensifient sur des questions telles que l’Iran et le commerce.

La décision de Trump d’augmenter les droits de douane sur les importations de voitures européennes a encore tendu les relations. Le chancelier allemand Friedrich Merz a ouvertement critiqué la gestion de la situation iranienne par Trump, accusant son administration d’être manipulée par Téhéran.

Solutions alternatives

En réponse à ce déficit de capacités potentiel, Pistorius a mis en avant la collaboration de l’Allemagne avec le Royaume-Uni et la France pour développer des systèmes de frappe de précision avancés en Europe. Il a toutefois admis que des solutions concrètes étaient encore en cours d’élaboration.

Tout en reconnaissant le défi, un porte-parole du ministère allemand de la Défense a assuré qu’il n’y aurait pas d’impact opérationnel immédiat. Il a mis en avant les efforts de modernisation en cours pour les missiles de croisière allemands Taurus et l’acquisition de systèmes supplémentaires disponibles. De plus, les projets européens tels que l’European Long-Range Strike Approach (ELSA) restent dans les délais prévus.

Tomahawk

La décision américaine revient sur un accord conclu en 2024 entre l’ancien président Joe Biden et l’ancien chancelier Olaf Scholz visant à commencer le déploiement de systèmes de missiles à longue portée en Allemagne plus tard cette année. Le plan comprenait des missiles de croisière Tomahawk lancés depuis le sol d’une portée supérieure à 1 600 kilomètres, ainsi que des systèmes SM-6 et de futures armes hypersoniques. Ce projet ne verra donc très certainement pas le jour.

Les experts en sécurité prévoient que l’armée américaine maintiendra l’un de ses bataillons de tir à longue portée en Europe, bien que son emplacement puisse changer par rapport à l’Allemagne. Rafael Loss, du Conseil européen des relations étrangères, a critiqué la décision américaine, affirmant qu’elle démontrait un manque de fiabilité en tant que partenaire de sécurité pour l’Europe. Il a exhorté l’Europe à accélérer le développement de ses propres capacités de frappe à longue portée, soulignant l’augmentation de la production de missiles par la Russie et les retards potentiels dans les livraisons américaines.

Loss a également exprimé sa crainte que l’accès de l’Allemagne aux missiles Tomahawk ne soit limité en raison des récents déploiements américains contre l’Iran, suggérant que les États-Unis donneraient la priorité au réapprovisionnement de leurs propres stocks.

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