Principaux renseignements
- Le Parlement européen remplace Google par Qwant afin de renforcer l’autonomie numérique.
- Les législateurs recherchent des logiciels développés localement afin d’éliminer les risques stratégiques liés aux fournisseurs américains.
- De nouvelles réglementations européennes pourraient interdire les services cloud étrangers afin de garantir une véritable souveraineté des données.
Dans le cadre d’une initiative stratégique visant à renforcer l’autonomie numérique, le Parlement européen fait passer ses ordinateurs internes au moteur de recherche français Qwant, qui remplacera Google comme option par défaut à compter du 4 juin. Ce changement s’inscrit dans une initiative plus large des responsables de l’UE visant à réduire la dépendance du continent vis-à-vis des technologies américaines et à favoriser une plus grande indépendance numérique.
Un élan en faveur des logiciels nationaux
Cette transition met en évidence une inquiétude croissante à Bruxelles concernant la domination des entreprises étrangères sur les infrastructures essentielles, les données gouvernementales et le cloud computing. Ce sentiment a conduit un groupe bipartite de législateurs à demander le retrait de Microsoft 365 au profit d’alternatives nationales. Ces représentants font valoir que les entités publiques doivent donner la priorité aux logiciels de fabrication européenne afin d’atténuer les risques stratégiques.
Actuellement, le secteur européen du cloud est largement contrôlé par des entreprises américaines, Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud détenant environ 70 pour cent du marché. Les données financières du cabinet de conseil Asterès suggèrent que les entités européennes dépensent près de 264 milliards d’euros chaque année pour ces services américains.
Inquiétudes concernant la souveraineté des données
Certains décideurs politiques, comme la députée européenne verte belge Sarah Matthieu, mettent en garde contre le fait que les versions « localisées » des logiciels américains donnent un sentiment trompeur de protection.
Matthieu souligne que la législation américaine autorise toujours le gouvernement américain à accéder aux données stockées par ces entreprises, que le service soit ou non présenté comme « européen ». Elle soutient qu’une véritable souveraineté est impossible tant que des puissances étrangères peuvent potentiellement accéder à des infrastructures et informations publiques sensibles.
Découplage de la Silicon Valley
Ces inquiétudes sont à l’origine d’une nouvelle stratégie numérique de la Commission européenne, qui vise à remédier au fait que plus de 80 pour cent de la propriété intellectuelle, des services et des infrastructures numériques de l’UE proviennent actuellement de l’étranger. Les projets de cette nouvelle politique suggèrent la mise en œuvre de normes de sécurité et de souveraineté plus rigoureuses pour les services cloud utilisés dans les marchés publics sensibles. De telles réglementations pourraient potentiellement exclure les principaux fournisseurs américains des contrats de haut niveau s’ils ne parviennent pas à satisfaire à ces exigences strictes.
Bien que l’adoption de Qwant soit un changement à petite échelle, elle représente un glissement idéologique significatif au sein de l’UE. Alors que les États membres recherchent de plus en plus des alternatives locales aux logiciels américains, la région s’oriente vers un avenir où la sécurité numérique sera découplée de la Silicon Valley.
Suivez également Business AM sur Google Actualités
Si vous souhaitez accéder à tous les articles, abonnez-vous ici !

