L’Italie sacrifie son économie au profit de sa santé

La vie sociale des Italiens fortement ralentie pendant la quarantaine. (Isopix)

L’Italie se confine encore un peu plus pour ralentir la propagation du coronavirus. Les commerces, restaurants et cafés devront rester fermer jusque la fin de la quarantaine.

Depuis mardi, toute l’Italie est en quarantaine. Les sorties du pays ne sont autorisées que pour raison familiale ou professionnelle. Toutefois les Italiens pouvaient encore vivre leur vie plus ou moins normalement. Mais maintenant leur vie sociale va être pratiquement mise à l’arrêt.

‘A partir de maintenant, nous demandons la fermeture de toutes les activités commerciales, à l’exception des commerces alimentaires de première nécessité, des pharmacies et des parapharmacies’, a annoncé hier le président du Conseil des ministres, Giuseppe Conte. C’est toute une partie de l’activité économique du pays qui est mise à l’arrêt. Les bars, les restaurants et les commerces secondaires devront garder porte close jusqu’au 3 avril, date de la fin de la quarantaine. Les restaurants ont uniquement le droit de faire des livraisons.

Tout n’est cependant pas à l’arrêt. Les transports en commun continuent de circuler. Et les usines peuvent continuer leurs activités. Surtout celle de GVS Group, plus gros producteur de masques chirurgicaux du pays. La production devrait atteindre les 600.000 unités par mois, contre 150.000 en temps normal, afin d’alimenter les hôpitaux, la police et l’armée.

Près 12.500 cas

Selon Conte, les Italiens verront les effets de ces restrictions dans une quinzaine de jours. Mais actuellement, l’épidémie de coronavirus continue de se propager dans tous le pays. Les derniers chiffres datant de mercredi font état de 12.462 cas positifs, 827 morts et 1.028 personnes en soin intensif. En moins d’une semaine, les cas de coronavirus ont presque triplé.

Si la propagation de maladie n’est pas rapidement stoppée, les hôpitaux se retrouveront bientôt à court de lits. En Vénétie, 80% des soins intensifs sont occupés. C’est pourtant l’une des régions avec la plus grande capacité hospitalière: 3,6 lits pour 1.000 habitants. En comparaison, Calabre, région du sud du pays n’en compte que 2,9 pour mille.

Une fois les limites hospitalières atteintes, la gestion de la maladie sera beaucoup plus compliquée. Et des personnes qui auront eu besoin de soin ne pourront pas être prises correctement en charge. Le nombre de morts atteindrait des records, lui qui a déjà plus que doublé depuis dimanche.

Économie

Le nord de l’Italie est affecté depuis plusieurs semaines maintenant. Or on sait que les trois Régions (Lombardie, la Vénétie et l’Emilie-Romagne) sont responsables de 40% du PIB italien (chiffres de 2017, Istat) pour seulement 31,5% de la population.

Lundi, la bourse du Milan chutait de 11,17%. Mais l’Italie continue toutefois d’échanger ses denrées avec le reste du monde. Les mesures du gouvernement Conte vont donc surtout affecter la consommation intérieure. Une consommation qui était toutefois partie à la hausse en ce qui concerne les produits de première nécessité: pommes de terres, biscottes, lait, sucre, farine, mais aussi savons et désinfectants. À Rome ou à Naples, les supermarchés de nuit ont été pris d’assaut.

‘Les mesures restrictives qui ont été prises concernant des territoires d’une grande importance pour l’économie italienne auront des conséquences sur les activités économiques liées aux transports, au divertissement et à la vie sociale’, reconnaissait lundi le ministère italien de l’Économie dans un communiqué. Les nouvelles mesures prises ce mercredi soir par Conte devront donc encore être quantifiées.

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