L’Iran disposait d’une importante flotte de sous-marins Ghadir avant la guerre, mais combien en reste-t-il aujourd’hui ?


Principaux renseignements

  • La technologie nord-coréenne a permis à l’Iran de construire des sous-marins miniatures de classe Ghadir destinés à la guerre asymétrique.
  • Des rapports de renseignement contradictoires laissent planer le doute sur la taille exacte et le taux de survie de la flotte.
  • Les navires encore en service obligent les marines adverses à consacrer d’énormes ressources à leur surveillance.

Développés avec l’assistance technique de la Corée du Nord, les sous-marins miniatures iraniens de classe Ghadir ont été spécialement conçus pour les eaux peu profondes du golfe Persique. Ces navires, mesurant environ 29 mètres et présentant un déplacement en immersion de 125 tonnes, sont exploités par un équipage de sept personnes et sont armés de deux tubes lance-torpilles de 533 mm situés à l’avant.

Ils ne disposent bien sûr pas des capteurs sophistiqués, de la vitesse et de l’autonomie des sous-marins Kilo de plus grande taille, construits en Russie. Cependant, leur petite taille leur permet de se cacher dans des zones peu profondes, près du fond marin, afin de déployer des unités spéciales, de poser des mines marines ou de mener des attaques contre les voies de navigation.

Technologie nord-coréenne

L’origine du programme Ghadir remonte au début des années 2000, lorsque Pyongyang aurait fourni un sous-marin de classe Yono. Cette technologie a été adaptée localement par Shahid Darvishi Industries, une filiale du ministère iranien de la Défense, ce qui a conduit à la mise en service du premier Ghadir de fabrication nationale en 2007.

La dangerosité de ces navires a été mise en évidence en 2010 lorsqu’une torpille nord-coréenne, probablement lancée depuis un sous-marin de classe Yono, a coulé le navire sud-coréen Cheonan. Bien qu’aucune destruction au combat n’ait été confirmée pour les Ghadir, ceux-ci constituent pour l’Iran un puissant outil de guerre asymétrique.

Quelle est la taille de la flotte ?

Des divergences existent quant à la taille et à l’état actuel de cette flotte. En mars 2026, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que la force sous-marine iranienne — qu’il estimait à 11 navires — avait été entièrement éliminée à la suite de frappes américaines. Cependant, des évaluations antérieures de la Nuclear Threat Initiative (NTI) suggéraient un parc beaucoup plus important, estimé entre 23 et 30 sous-marins.

De plus, l’Institut international d’études stratégiques a identifié au moins 16 « Ghadirs », et l’Iran a affirmé avoir déployé des sous-marins dans le détroit d’Ormuz bien après que les États-Unis eurent déclaré la flotte détruite.

Frappes ciblées

Les preuves des frappes américaines contre ces moyens sont documentées, mais incomplètes. En juillet, le CENTCOM a diffusé une vidéo montrant des drones de surface à usage unique attaquant un centre de maintenance à Bandar Abbas, où un Ghadir a été aperçu sur un portique. Le fait qu’un sous-marin ait été pris pour cible plusieurs mois après que le Pentagone eut déclaré que la flotte avait disparu suggère soit un décompte initial inexact, soit que des coques de réserve et endommagées étaient toujours présentes.

Bien que les États-Unis n’aient pas fourni de liste détaillée, coque par coque, des sous-marins détruits, il est clair que les infrastructures navales et les capacités de commandement iraniennes ont été gravement affaiblies.

Le danger persiste

En fin de compte, la survie de coques individuelles n’équivaut pas nécessairement à une marine opérationnelle. Pour être efficace au combat, un sous-marin nécessite un soutien à terre spécialisé, des ateliers opérationnels et des équipages formés — autant d’éléments qui ont été la cible des opérations américaines.

Cependant, même quelques sous-marins miniatures survivants et non détectés posent des défis stratégiques importants, obligeant les marines adverses à mobiliser des ressources considérables pour des opérations de recherche et de surveillance afin d’assurer la sécurité du transport maritime commercial. (fc)

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