Principaux renseignements
- La BCE soutient l’acquisition de Commerzbank par UniCredit malgré des risques de mise en œuvre importants.
- Les régulateurs allemands exigent une meilleure gouvernance et le rétablissement de la confiance suite aux tactiques agressives d’UniCredit.
- L’autorisation définitive dépendra de l’examen complet du dossier d’ici octobre.
Des documents internes indiquent que la Banque centrale européenne (BCE) serait encline à autoriser l’acquisition de Commerzbank par UniCredit. C’est ce que rapporte Reuters.
Processus complexe
Bien que la banque centrale ait déclaré qu’il n’y avait aucune raison fondamentale de bloquer la fusion, elle prévoit que la fusion des deux entités sera un processus complexe et de longue haleine. Par conséquent, les autorités de régulation allemandes exigent un plan complet visant à regagner la confiance du personnel et de la direction de la Commerzbank, ainsi qu’une amélioration des cadres de gouvernance chez UniCredit.
Le processus d’autorisation réglementaire
Les détails, révélés dans un rapport présenté au Conseil de surveillance de la BCE, mettent en évidence un processus dans lequel les régulateurs nationaux donnent leur avis avant que le Conseil des gouverneurs n’accorde l’autorisation finale.
Alors que la BCE soutient généralement la consolidation transfrontalière visant à unifier le secteur bancaire de l’UE, plusieurs parties – notamment la BaFin et les banques concernées – ont refusé de commenter officiellement les conclusions qui ont fuité. L’examen formel devrait s’achever en septembre ou en octobre, la demande actuelle étant toujours considérée comme inachevée.
Stratégie d’acquisition hostile
Grâce à une stratégie d’acquisition hostile évaluée à environ 43 milliards d’euros, UniCredit s’est assuré près de 48 pour cent de Commerzbank. Cette approche a initialement suscité de vives critiques de la part du gouvernement allemand et des parties prenantes internes de Commerzbank, même si certaines de ces tensions se sont atténuées avec le temps.
Les documents divulgués donnent un aperçu des réserves spécifiques de la BaFin. L’autorité de régulation allemande a critiqué UniCredit pour avoir employé des tactiques « agressives » et « opaques » pendant la phase d’acquisition et a souligné des lacunes dans les mécanismes de contrôle interne de la banque italienne. La BaFin a insisté sur le fait que le caractère conflictuel de l’offre avait nui aux relations avec les syndicats et les personnalités politiques, ce qui nécessitait un effort stratégique de la part d’UniCredit pour restaurer sa crédibilité.
Risques liés à la mise en œuvre
Malgré ces avertissements, la BCE a estimé que ces problèmes ne justifiaient pas un veto sur l’opération. La banque centrale a noté qu’UniCredit avait déjà pris des mesures pour améliorer la transparence de son conseil d’administration et s’attaquait aux lacunes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent au sein de ses activités allemandes.
Toutefois, la BCE a mis en garde contre des risques de mise en œuvre importants découlant des disparités culturelles et de l’hostilité existante entre les deux organisations. De plus, les régulateurs examinent de près les affirmations d’UniCredit concernant sa capacité à maintenir un ratio de fonds propres de 12,5 pour cent à la suite d’une prise de contrôle majoritaire, bien que cet examen soit considéré comme une procédure standard.
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